Bilan sportif général de l'Aventurina
Combien de litres de sueur ? La question est sur toutes les lèvres. Combien de kilo avez-vous pris ou perdu pendant l'expédition ? Combien de coups de pédale, de hache pour votre radeau ...?
L'Aventurina a traversé de nombreuses régions dans 5 pays d'Amérique du Sud suivants les Andes : Chili, Argentine, Bolivie, Pérou et Equateur. Au prix d'efforts sur-humains les Manus ont franchis ou gravis 46 cols et sommets dont 26 à plus de 4000m ; parmi les plus fameux, nous retiendrons le terrible col San Francisco (4726m) gravi à vélo, le Huayna Potosi (6088m) notre premier 6000, mais aussi le mythique Chimborazo (6310m) véritable symbole de la réussite de l'Aventurina. Enfin pour ne pas assomer le lecteur sous les chiffres, vous pouvez nous contacter pour encore plus de statistiques passionantes.
vision globale du trajet
cliquez sur la carte pour y voir plus clair
La Mitad del MundoA quelques milliers de kilomètres de la ville la plus au Sud du continent : Punta Arenas, après six mois d'effort en vélo, à pied, en canoé et à dos de cheval, l'équateur est atteint par l'équipe de l'Aventurina. Les deux Manus ont rempli leur contrat : traverser le continent par des moyens de transport sportifs et rencontrer des élèves dans chaque pays pour qu'un d'eux ait peut-être un jour une folle envie de découvrir le monde.
Signature du contrat
The end
Le sommet de l'Aventurina23h ; après une courte nuit de repos, le réveil sonne. Malgré la fatigue et la difficulté de quitter le duvet, le préparatifs sont rapides et après un léger repas et une sur-hydratation de thé, nous sommes prêts. Sur le pas de la porte du refuge, la nuit parait calme, il ne fait pas froid et la lumière de la lune nous invite à attaquer le Chimborazo dans des conditions optimales.
Comme prévu à la reconnaissance, nous montons facilement la première moraine. Ici commence le glacier ; un passage technique : "el corridor" entre les cascades de glace, une ascension sur un terrain mixte de roche et de glace puis la crête jusqu'au sommet. Nous nous encordons à 8m, et attaquons la glace piolet en main et crampons solidement fixés sous les pieds. La fraîcheur de l'air commence à se faire sentir discrètement. Quelques points posés pour les passages délicats, une intensification de l'effort pour passer la zone instable de roches et de glace et nous arrivons soulagés sur la crête. Après seulement deux heures trente d'effort, cela s'annoncerait presque plus facile que prévu.
Cascade de glace dominant "el corridor"
Pourtant le chemin est encore long. La pente nous demande un effort soutenu et le froid commence tout juste à nous prévenir par cette douce bise qui balaie la crête. Après 5h30 d'effort, l'abrutissement est notre seul compagnon pendant la marche. Notre champ de vision n'est plus limité par la portée de notre lampe frontale mais par le service minimum qui demande seulement de regarder où va se poser notre pied au prochain pas. Il y a juste cette corde qui court et ce mot qui revient en tête "il faut garder la corde tendue... corde tendue, mec !". Même l'effort permanent ne suffit plus pour se réchauffer, la fin de nuit et l'altitude croissante attaquent nos doigts, nos pieds, notre visage et cette partie du dos mal couverte par la veste polaire. Il faut agiter en permanence les orteils pour faire revenir la sensibilité, surtout ne pas s'arrêter ou bien en sautant sur place et en faisant travailler les chevilles et les poignets. Nous rattrapons une première cordée partie avant nous et passons lentement devant un visage crispé. Encore et toujours le même rythme, le froid que l'on sent et le silence que l'on n'entend plus. Une autre cordée en vue, un homme s'écroule, les genoux dans la neige. Le temps n'existe plus, il n'y a plus que le rythme des pas. Vers 6h les premières lueurs nous font apercevoir la "cumbre Veintimilla", le sommet Sud du volcan ; enfin l'espoir d'arriver au but mais surtout d'un peu de chaleur avec le soleil levant.
Premier rayon de chaleur
Peut-on s'arrêter au sommet Sud, si proches du but ? La "cumbre Whymper" est en vue et nous nous sentons presque pousser des ailes ; encore quelques grammes de souffrance et le soleil perce les nuages à l'instant même où saute le bouchon de cette bouteille de 'presque-champagne' que nous avons durement apporté jusqu'au sommet de l'Aventurina.
Malgré une menace de perte d'orteils, les difficultés respiratoires des 6000m et ces pierres qui roulent un peu près de notre mousse capillaire, nous sommes arrivés heureux au sommet, et si 80% des accidents arrivent à la redescente, nous étions trop remontés pour finir ici.
Manu, Manu, Quentin, le Chimborazo (6310m dit-on)
Les meilleurs commentaires des fans de l'AventurinaEn remerciement au fan club de l'Aventurina qui nous a suivi et encouragé pendant ces 6 longs mois d'aventure, voici enfin réunis tous nos commentaires préférés. Evidemment vous pouvez commenter ces commentaires et nous faire plaisir encore. Commentaire sans titreBonjour, je suis une admiratrice inconnue et j'admire beaucoup ce que vous faites. C'est pour cela que je suis bien contente que vous ne vous soyez pas fait tronçonner l'épididyme par des indigènes "non contactés" (mais si vous voulez quand même un jour les contacter, je peux vous filer leur adresse email). Cependant, je pense que ce n'est pas sur les traces de petits mammifères ni même du jaguar que vous êtes allés vous frayer un chemin à la mâchette, mais d'un mythe auquel vous aspirez et cherchez désespérément à ressembler, de la Patagonie à la Cordillère blanche. Ce même mythe aurait d'ailleurs pu vous aider à aller un peu plus loin dans l'identification des "singes noirs". J'espère en outre que ces longs mois passés avec un sex ratio éternellement égal à un ne vous aura pas pousser à rouler à gauche, de sorte que je puisse mettre en avant mes qualités d'admiratrice en septembre. Mythique
Publié par Alice euh...ca va bien?
Publié par coraline Enième encouragement
Publié par djamel Epoustoufflifiant
Publié par Framboise Quel plaisir!
Publié par paipous Salut les Amérindiens
Publié par Burnegade Commentaire sans titre
Publié par bingo Salut les Manus
Publié par La marie Bravo les mecs
Publié par Olivier Chefs la recette
Publié par Le prince Un ptit coucou aux 2 champions
Publié par Rudon Non!!
Publié par J-B Aller, poussez un peu plus loin les gars
Publié par FabFab Licancabur
Publié par matteo L'Atacama...pfff!!
Publié par Le prince Vous êtes beaux
Publié par Pataframboise Buen Viaje
Publié par angelica La contraction des longueurs
Publié par Erwan Ptain dtruc de ouf
Publié par J-B Tout à fait Patrick
Publié par Quentin Commentaire sans titre
Publié par Carlos Des cuisses à faire rougir Maël...
Publié par Dude Maël ne rougit pas
Publié par Maël Perro que ladra no muerde
Publié par rhum camarades à 2 roues
Publié par Livio Bravo les gars !
Vous savez quoi, vous etes impressionnants ! Merci pour ce blog, ca fait plaisir de partager un peu vos aventures, vous devez en prendre plein la vue (les jambes aussi, mais vous avez l'air de bien vous porter, non ?!). Bonne chance pour la suite. Super le blog
bravo pour votre aventure, nous avons bien évidemment voté pour votre blog ! Quel style!!
Publié par Louloute Fionette rhaaa
Publié par branlutte Le rêve
Publié par tonio Commentaire sans titre
Publié par Vince le mexicain Ca pousse!
Salut les mecs. Que chevere!
Publié par Cristina, Cristian, Carlita, Erick Sur les flancs du Chimborazo
Le Chimborazo (6310m dit-on)
Pour clore une Aventurina il faut un objectif mythique, un ultime défi, un sommet plus loin du centre de la Terre que tous les autres ; pour clore notre Aventurina, il nous faudra cotoyer les 6300m au sommet de l'impressionnant, du colossal Chimborazo. Mais avant d'essayer de dominer la bête il nous fallait l'approcher, l'observer depuis une hauteur voisine afin de s'en imprégner ; le Carihuayrazo (5020m) était l'endroit idéal du nécessaire trek d'immersion.
Le Carihuayrazo depuis Posada la estación
Nous partons donc pour trois jours de trek sur les flancs du Chimborazo avec un moyen de transport adapté à ce milieu de paramo : le cheval, et un objectif double : aller toucher la glace du sommet du Carihuayrazo et observer longuement notre prochaine conquête.
Départ des bêtes dans un paysage de paramo
Malheureusement le mauvais temps ne nous autorisera pas l'ascension du Carihuayrazo mais pendant les quelques éclaircies nous aurons droit à un coucher de soleil très aérien et des vues volées sur le Chimborazo entre les brumes.
Deux cavaliers et un objectif rêvé depuis 18 mois
Parfois trottant au coeur du paramo, parfois nous empêtrant sur un chemin boueux qui affole les chevaux, nous avançons au rythme des bêtes ; montant ensuite à flanc ce chemin en herbe tendre de ne pas être souvent emprunté, puis longeant une crête, nous observons ; coupant enfin à travers une forêt trop dense qui arrachera le chargement de notre cheval de port, nous quittons le trek en direction de notre dernier objectif.
Objectif Chimbo
En chemin pour le refuge Whymper (5000m) nous avons enfin le loisir d'observer la route qui peut nous mener au sommet, nous ne pensions pas que cela aurait l'air si difficile. Nous sommes au pied du mur, au pied d'un véritable mur de roche et de glace ; il nous faudra d'abord zigzaguer en montant la première morraine, puis prendre à droite dans le corridor entre les cascades de glace, ensuite viser vers la gauche et traverser un champ de glace et de roche pour atteindre la crête qui nous amènera jusqu'au sommet Veintimilla (6220m) avant de traverser le dernier champ de crevasse vers la cumbre Whymper (6267m aux dernières nouvelles), véritable point culminant du colosse. A l'approche du second refuge nous traversons un réel cimetière : des dizaines de pierres tombales commémorent la disparition des nombreux alpinistes qui avaient tenté de planter le piolet là-haut, au sommet du monde. Au refuge, il est impossible de décrocher le regard de La Montagne pour regarder encore et toujours notre voie et se préparer au défi qui nous attend. D'autres cordées arrivent au cours de l'après-midi : trois allemands, trois autrichiens... et nous sommes là, au milieu, trois petits français anxieux comme une veille d'examen ; la pression monte, nous préparons notre matériel, ficelons notre sac et tentons de trouver le sommeil dès 19h dans l'attente de l'ultime défi, l'ultime défi ultime...
Le vaincront-ils ?
Objectif CotopaxiLe relatif échec du Sangay digéré, les regards se tournent vers le prochain objectif de l'Aventurina: le Cotopaxi, 5897m de roche, de glace, et parfois de feu, qui surmontent fièrement "L'Allée des Volcans". Afin d'aborder l'ascension dans les meilleures conditions, un ambitieux programme d'acclimatation est mis en place. Première destination: l'Antizana, nevado de plus de 5700m isolé dans le paramó à l'est de Quito, au pied duquel notre nouvelle recrue dépassera pour la première fois l'altitude fatidique du Mont Blanc, et un bivouac à la belle étoile verra Manus se fera défoncer par le froid dans son duvet +10ºC confort.
Au pied de l'Antizana (5758m)
L'étape suivante est la première véritable ascension équatorienne: l'Illiniza Norte, aiguille de roche culminant à plus de 5100m et pourvue d'un spartiate refuge à 4750m. L'ascension débute à l'aube du 13 juillet, alors que les brumes matinales découvrent progressivement la montagne blanchie par les récentes chutes de neige. L'ascension oscille entre rocher rouge et branlant et neige immaculée, et l'aiguille sommitale est atteinte sans difficulté, mais dans une ambiance vertigineuse, sous les regards bienveillants du Cotopaxi et de l'Illiniza Sur.
Festival de couleurs entre les Illinizas
L'Illiniza Sur (5263m), entre ombre et lumière
Dans une forme optimale, nous partons confiants vers l'objectif principal de ces quelques jours: l'ascension par la "Cara Sur" du Cotopaxi, suivie d'une traversée du cratère sommital et d'une descente par la voie normale. Première étape: montée au refuge de la Cara Sur depuis la Panaméricaine, Manu et Quentin au chaud à l'avant d'un pick-up, Manu se pelant dans la remorque à vaches. Au même moment, l'Argentine se faisait allumer en finale de la Copa America par un Brésil retrouvé, mais la chaleur des cabanes console vite les Manus de cette terrible désillusion. Deuxième étape: Montée en cheval au Campo Alto, à 4700m d'altitude, quelques tentes de toile poussiéreuses et battues par les vents au pied des glaciers du Cotopaxi... Les chevaux asthmatiques, l'altitude et le chargement instable ne permettent pas de lancer les grands galops esperés, mais la montée dans le paramó et les cendres volcaniques est de toute beauté. La jonction avec le Campo Alto intervient vers midi, ce qui laisse toute latitude pour des exercices de sécurité sur glacier et une reconnaissance de la route à suivre, car la trace de montée brille par son absence. Qu'à cela ne tienne, munis de points GPS et de photos aériennes, nous quittons le camp à 1h30 du matin.
Départ à la fraîche
Rapidement, il faut se rendre à l'évidence: le brouillard environnant et l'absence de lune nous imposent une visibilité de 20m au mieux, insuffisant pour anticiper les nombreuses crevasses. Par une fois, le sol se dérobe sous les pieds d'un des nôtres, et les problèmes d'itinéraire deviennent pressants. Alors que la cordée commence à se diviser sur la route à suivre, le brouillard se déchire enfin, et les frontales permettent d'apercevoir un passage crucial entre deux énormes crevasses. Il est 4h déjà, et la route est encore longue.
Eviter les crevasses
A la faveur de l'aube naissante, qui jette sur les sommets environnants des lumières fantastiques, le chemin devient clair. Mais la qualité de la neige se met à faire défaut : nous nous enfonçons souvent jusqu'aux chevilles, et la marche devient exténuante. Motivés comme jamais par la vue du sommet proche et des fumerolles qui l'entourent, nous jettons toutes nos forces dans les dernières centaines de mètres, et atteignons le cratère à 10h du matin , après plus de 8h d'ascension. Rien n'est terminé pourtant, et il faut encore chercher des forces pour effectuer le tour du cratère et atteindre le sommet principal, à 5896m, où une brume persistante nous empêchera d'admirer la vue tant espérée...
Au sommet, dans la purée de pois
Et il faut descendre, déjà, quitter ces altitudes où le corps a du mal à récupérer, lutter contre la fatigue et contre un soleil terrible qui transorme le glacier en fournaise. L'air nouvellement retrouvé nous permettra d'achever la descente sur le coup des 15h, véritablement épuisés, mais remplis des magnifiques paysages de l'aube et de l'ambiance irréelle du cratère sommital.
Et il faut déjà redescendre
QG Le volcan Sangay, jusqu'au couNous avons décidé de fêter l'arrivée de notre nouvelle recrue en le mettant directement dans le feu du Sangay (5230m), le volcan le plus actif d'Equateur. Ce fut chose faite, mais pas tout à fait comme nous l'espérions. Récit d'une expédition aux conditions d'isolement rarement atteintes. Le projet est basé sur deux objets physiques : une carte de la région et un GPS. Nous l'avions lu, l'approche et l'ascension du volcan Sangay prend 5 à 6 jours au départ du village d'Alao, dans un milieu de forêt nuageuse pré-amazonienne à l'humidité déroutante enregistrant parfois jusqu'à 4m de précipitations annuelles. Nous voilà donc partis sans plus attendre la fleur au fusil pour un premier bivouac en vue de l'ascension du volcan, ascension à voir selon les conditions de son activité...
La veillée d'armes au sortir du village d'Alao
Les indications des villageois semblent fiables, le premier jour du raid est consacré à la traversée d'un col à 4000m qui nous mène après 6 heures de marche à la Pampa Culebrillas, une vallée à l'apparence accueillante. C'est un paysage extraordinaire de haute altitude mais aussi de forêt nuageuse et de marécages qui nous offrent un premier contact sévère avec cette boue qui ne nous lâchera plus. Nous observons même de nombreux et impressionnants glissements de terrain qui ont barré le sentier.
Dans la montée vers le col, les derniers espaces civilisés et au fond la vallée qui mène à El Placer puis au volcan El Altar
Un des nombreux glissements de terrain observés
Les ennuis commencent lorsqu'une pluie fine s'abat sans discontinuer sur cette vallée humide. Elle empêche tout essai de séchage des vêtements et toute tentative de feu pour cuisiner le lard tant attendu. L'équipe commence dès ce moment à s'empêtrer dans une humidité inéluctable alors que le briquet fait des siennes et que l'inquiétude s'installe avec ce mauvais temps.
Arrivée dans la forêt nuageuse en descendant du col. Au fond, la Pampa Culebrillas.
Le lendemain matin c'est avec les habits de gros temps et la machette que l'équipe s'élance hors sentier vers le feu du Sangay. L'environnement se fait de plus en plus retiré, la pluie bat son plein et on ne compte déjà plus le nombre de rivières traversées. La forêt difficilement pénétrable alterne avec des hautes herbes et des marécages où le problème de pédicure ne se pose temporairement plus. Une hutte abandonnée est atteinte après deux heures de lutte pour quelques misérables kilomètres parcourus.
Marécages sans fin, végétation impénétrable : de grosses difficultés
Il n'y a clairement pas de sentier dans le coin. Le mauvais temps. le manque de visibilité, le froid et les conditions de progression difficiles, associés à un réchaud sur briquet éjectable commencent à introduire des doutes sérieux sur la réussite de l'expédition. Le paysage est certes unique mais le volcan n'a pas encore été aperçu et l'intinéraire semble bien compliqué. L'après-midi est consacré à une reconnaissance dans un vallée, sans conclusions plus optimistes. Le soleil fait en revanche une courte apparition sans que l'emplacement du bivouac permette de voir le Sangay : trop tard!
Les nouvelles chaussures de notre nouvelle recrue
Le lendemain le temps est encore plus exécrable et la décision est prise de rebrousser chemin dans cette exploration du Sangay. Les habits les plus pourris sont enfilés pour revenir sur nos traces dans des marécages où l'eau arrive parfois au-dessus des genoux... Ce sera une occasion inéspérée de tourner le nouveau clip de l'équipe qui vous sera désormais bientôt dévoilé. Le retour au village d'Alao sera humide, toujours plus, mais marqué par une vision sensationnelle du volcan El Altar (5319m) à travers les nuages...un bon lot de consolation.
Vue sur la magnifique face sud d'El Altar, une caldeira dont le point culminant la cumbre Obispo (5319m) constitue l'ascension la plus redoutable des volcans équatoriens
Brève : Nouvelle recrue
Voilà un mec en train de passer sa première journée d'expé avec les Manus. Il est venu avec son enthousiasme, ses certitudes et ses nouvelles pompes mais il lui manquait le sceau aventurinien, l'expression de visage sans complexe du mec qui vient de se faire défoncer en traversant les boues d'un glissement de terrain encore tout frais et qui a choisi de prendre un seul pantalon, et qui l'assume. Il nous manquait peut-être cette tour de contrôle qui permet d'observer loin, très loin, très haut avec une altitude déconcertante jamais décrite en Equateur. Alors Quentintin tu as suivis, tu nous as fait ce magnifique cadeau en t'illustrant sans perdre une seconde dans le feu du Sangay. Deux arrieros en Cordillera HuayhuashPar chance Azulero est à vendre, c'est tout de suite le coup de foudre : c'est un jeune de trois ans déjà éduqué à charger, un peu maigre mais donc plus sportif et il a une bonne tête. Le burrito n'est pas souvent sorti de chez lui, il est effrayé de tout ; il faut le pousser et le prendre avec la douceur d'un coup de genoux pour traverser les petits ponts de branches - il est vrai pas très rassurants. Avec le temps burrito prendra confiance et nous finirons par le laisser marcher librement devant nous.
Azulero, notre burrito
Une large vallée qui monte doucement vers un paysage de montagnes abruptes enneigées, cela ne donne qu'une envie : s'élancer au galop et sauter ces petits ruisseaux qui serpentent pour sentir la fraîcheur de l'air. Retour à la réalité et travail des molets pour attaquer le paso Cuyoc (5000m), le col le plus haut du trek. Malgré une charge très honnête, notre burrito montre des signes de fatigue et s'écroulera même à la pause déjeuner.
Burrito qui n'avait pas compris ce qu'est l'Aventurina
Après la sieste, tout près de cascades de glace et de roches cisaillées, le col est en vue. Il ne restait qu'une dizaine de mètres mais c'est ici que la charge d'Azulero glisse vers l'arrière, tourne sur le flanc et affole l'animal qui pour se défaire de son incompréhensible prison se met à ruer et à sauter vers le bas de la pente trainant un Manu sur le sol au bout d'une corde. Le col est passé, un nouveau paysage se découvre, notre âne est mis à brouter et le trek continue.
Paso Cuyoc (5000m)
- Manu, le burrito s'est barré !
A chaque entrée sur le territoire d'une nouvelle communauté nous jouons de nos talents de comédiens pour tenter d'éviter de payer la taxe de passage ; marchant maintenant en ronchonant contre ces péruviens qui nous ont subtilisé notre burrito nous ne sommes pas très enclins à lacher nos rares soles à ces hommes en armes que l'on paye pour la sécurité, disent-ils. Heureusement les paysages glacés de la Cordillera Huayhuash nous donnent du coeur pour continuer et nous sortons bientôt du territoire péruvien sous le regard approbateur de la montagne.
Sous le regard approbateur de la montagne
Botaniquement et bestialement vôtreEn Amazonie l'observation du monde animal et végétal n'est perturbée que le temps d'une brève seconde, sans doute une de trop, pour écraser d'une main ferme le moustique ou l'insecte dérangeant qui vient profiter de la peau encore vierge de l'étranger. Il ne faut jamais relâcher l'attention car le danger est permanent et multiple : rencontre avec un animal dangereux (insecte, serpent, jaguar...), rencontre avec un Indien non contacté, infection d'une plaie pourtant bénigne, perte de notre trace au risque de suivre la Yoda, cette déesse amazonienne si séduisante que selon les dires elle invite les jeunes hommes à la suivre pour les perdre à jamais dans la forêt..Mais avant tout, les sens sont toujours à l'affût pour ne pas manquer l'occasion de se désaltérer d'un fruit ou de l'essence d'une plante, d'écouter le chant d'un oiseau mimant celui d'une goutte d'eau ou le rire d'un singe voltigeant dans cette canopée inaccessible qui interdit tout sens de l'orientation. Voici donc, dans la mesure des photos disponibles, un inventaire des animaux, des plantes remarquables et même de toutes les sales bestioles que nous avons rencontrés.
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