Bilan de la section Región de los lagos
*Une chaussette est qualifiée de consommée lorsque son utilisation compromet le déroulement de l'expédition que ce soit pour des raisons de socialisation avec la population ou des raisons de tensions au sein de l'équipe. **Les contacts valides ont été dénombrés lorsque l'un des deux protagonistes perd une dent au cours de la rencontre. Mission mise en jambe à l'alpinisme sur les pentes du VillaricaDans la rue principale de Pucón, 5ème cuadra à droite se trouve le bar Mamas y tapas. Vous y entrerez et demanderez à parler à celui que l'on nomme El Taliban ; c'est votre homme, il vous louera du matériel de haute qualité mais il faudra y mettre le prix. L'équipement en main vous aurez dix minutes pour vous changer, en pleine rue s'il le faut, trier le matériel qui reste de celui qui part pour l'expé, ficeler un sac de fortune et n'oubliez pas de voyager léger. À ce moment précisément le dernier bus de la journée passera, il vous déposera à l'embranchement entre la route et la piste de terre qui mène à la méconnue face Est du volcan Villarica.
Deux sacs ficelés parés au départ Inutile de préciser qu'à ce niveau personne ne vous prendra en stop et vous devrez marcher deux bonnes heures pour arriver à la cabane du petit vieux à moitié sourd ; vous y présentant en tant que français, il vous accueillera avec joie pour la nuit car c'est son ancêtre suisse qui a construit les thermes de Villarica. Le lendemain cinq heures de marche seront nécessaires pour avaler les 20km et les 1200m de dénivelé restant jusqu'à la base du glacier. Arrivés ici vous saurez quoi faire pour que l'ascension du volcan Villarica concrétise la réussite de votre mission.
Le cône du volcan Villarica (2840m) vu depuis la base du glacier
En route pour la reconnaissance de la voie Les choses se sont gâtées après minuit lorsque notre sommeil lourd a été interrompu par ces violentes bourrasques qui s'engouffrent sous la toile ; nous avons du construire de toute urgence un mur de pierres pour sauver notre canadienne d'une dramatique déchirure.
Partir en expédition ? Oui, mais à l’arrache.Arriver à Puerto Montt c’est en repartir aussitôt ; on doit emprunter 20km d’autoroute pour s’éloigner très vite et bientôt cotoyer les bords du lac Llanquihue près de Puerto Varas. C’est ici que nous est venue l’idée, une idée qui appartient bien au concept de l’Aventurina : arriver dans une ville et prendre en quelques minutes la décision d’aller faire une petite expé en kayak, repartir sous la pluie après une grosse étape pour profiter du bonheur de pédaler à la fraîche dans le soleil couchant ; se lever, appuyer fort sur les jarrets et sentir les limites de son souffle ; tout ça pour arriver dans les temps, préparer en deux heures une petite expédition de trois jours sur le lac Todos los Santos. Mais oui ça en a valu la peine, ne serait-ce que pour s’entrainer et ne pas perdre le coup de pagaie avant de se lancer dans la traversée du Titicaca. C’est ce qu’on aurait pu se dire en partant sous la bruine, en partant avec une légère déception de ne pas voir le paysage, mais tout de même, en partant plongés dans une ambiance mystérieuse où des brumes inquiétantes remontent lentement des versants à pic.
Révision des fondamentaux
Ça en vaut la peine aussi pour un réveil sur une petite plage déserte quand le soleil est de retour et que l’on voit enfin les volcans qui entourent le lac se refléter sur ses eaux calmes.
Parc National Vicente Perez Rosales (au fond le Puntiagudo, 2190m)
Après deux jours rythmés par le son des clapotements de l’eau sur la coque du bateau, nous nous engageons pour la traversée sans escale du lac. Il fallait être là, au milieu du lac, à l’heure fatidique pour voir le soleil couchant se poser exactement au sommet du cône du volcan Osorno ; c’est à ce moment, dans une lumière du soir tamisée par l’ombre du volcan que le lac Todos los Santos décide de montrer sa face sauvage. On nous avait prévenu, le lac paraît calme mais en quelques minutes un vent violent peut se lever et créer des vagues dangereuses pour une petite embarcation. Alors il faut pagayer contre les crêtes, gérer la direction en arrivant dans les creux et faire attention à la prochaine qui arrive sur la gauche en appuyant pour nous retourner ; alors il faut pagayer fort, surtout ne jamais s’arrêter, essuyer les lunettes de soleil devenues inutiles tant elles se font laver par les embruns. Stop, on est arrivé, on s’était cru en mer mais il faut maintenant se jetter dans les vagues, avancer dans un sable mouvant, tomber à la renverse dans l’eau froide, faire un feu, non... un brasier pour sécher nos corps et nos habits, et enfin repartir le lendemain matin aprés une nuit humide, ah... la belle étoile.
Départ au petit matin pour une traversée de 15 km
Cap sur le Volcan Osorno, 2652m De retour sur le continentEntre Pargua et Puerto Montt, bonne route. On aurait pu croire que le coin est assez beau mais assez vite, avec Puerto Montt qui s’approche, nous comprenons que cette région du Chili est moche. Notre perception a peut-être été biaisée par notre état d’esprit, cette sensation d’agression à chaque fois qu’un camion nous dépasse ; un coup de klaxon, une menace sonore qui grandit , un souffle qui nous oblige à rester concentrés pour maintenir le cap et toujours penser à rouler bien droit sur la ligne blanche pour ne pas finir aplatis entre quatre roues. Ne plus arriver à Puerto Montt, c’est interminable d’odeur de poissons de SalmonFood en décomposition sur le bord de la route, c’est toujours des banlieues de tolles reliées de fils électriques emmêlés, c’est une succession de vieilles maisons alignées autour de squares défleuris où les maîtres désabusés regardent chier le chien de leur femme.
Pause déjeuner à Puerto Montt ChiloéC'est une toute autre ambiance qui se dévoile à l'arrivée au port de Quellón sur l'île de Chiloé (200 km de long), après une traversée Chaitén-Quellón de quelques heures en bateau. Fini la piste et semble-t-il ce fichu vent, nous voilà dans un Chili désormais assez densément peuplé, sous une petite pluie fine venue du Pacifique au milieu des pêcheurs et de quelques rares touristes, Chiliens essentiellement. Le problème ici? La pluie, la circulation et de ce fait quelques rafales de jus de poisson frais remontant à bord d'un camion vers le continent, comme nous, vers Puerto Montt là où l'industrie liée à la pêche bat son plein.
La pêche traditionnelle sur le port de Ancud, île de Chiloé L'objectif sur Chiloé? Profiter d'une opportunité pour aller accompagner un pêcheur et découvrir un peu les ficelles du métier. "Salmón ahumado", un fumet délicieux qui nous a attiré vers la maison de Pablo, un pêcheur d'une trentaine d'années qui visiblement est resté relativement "fanático de Francia". La rencontre avec Pablo a aussi été la rencontre avec deux bouts de lardons de 5 et 6 ans, son fils Martín et le voisin Felipe, pour qui nous resterons les "tíos" : que cela signifie les tontons ou autre chose, il n'y a que peu d'importance. Un jour merveilleux fait de jeux, de pêche, de discussions sans fin autour du feu et nous voilà repartis pour traverser l'île en direction du Nord, pour passer sur le continent et filer sur Puerto Montt.
Les porte-bagages n'ont pas été prévus pour emporter les deux gamins, c'est bien dommage |
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