Dernier hommage à l'Argentine : l'art de vivre au volant

01:02, 21 avril 2007 .. Publié dans 03 Sierra argentina .. 0 commentaires .. Lien

Nous dédicaçons ce modeste article à tous les Argentins qui nous ont accueillis, nous ont donné des informations (parfois correctes) lorsque nous étions perdus et surtout nous souhaitons remercier tous les Argentins qui nous ont klaxonnés en nous doublant pour nous remonter le moral.

Qu'ils aient été au volant d'une ancienne voiture de sport, pilote d'une de ces puissantes voitures du désert ou bien en famille assis derrière le pare-brise d'un impressionnant pick-up, tous ont poussé des cris en doublant les deux cyclistes portant le drapeau argentin. Nous rapportons ici les interviews que nous avons réalisées sur un échantillon représentatif de la population afin de partager une certaine vision de la route.

Roberto
25 ans
provincia : San Juan
pueblo : Iglesia

modèle : Fiat 1500, année : 1968, prix de vente : 10,000 pesos (2500 euros)

"Ici les gens aiment beaucoup leur voiture, et surtout ils aiment les belles voitures alors qu'en France nous pensons que les gens aiment surtout les voitures neuves.
Cette voiture je l'ai depuis 10 ans et j'en prends soin."

"J'ai fait un voyage de 1800 km jusqu'à Entre ríos seulement pour acheter cette voiture que j'ai dégotée dans les petites annonces."

Arce Franco
24 ans
provincia : Catamarca
pueblo : Tinogasta

modèle : Chevrolet Chevy, année : 1974, prix de vente : 25,000 pesos

"Un jour, un homme est venu de San Cristobal dans la province de Santa Fe à plus de 1000 km d'ici, sa voiture m'a plu et je l'ai achetée aussitôt."

"Le moteur est d'origine, c'est une cylindrée de 250 cc qui a seulement 74,000 km. Par contre j'ai changé beaucoup de choses pour en faire une voiture sportive : les roues extrêmenent larges, le volant sportif... Maintenant je peux rouler à 180 km/h avec ma voiture sur les routes du désert. "

Marcelo Bordón
30 ans
provincia : Catamarca
pueblo : Fiambalá

modèle : Chevrolet Chevy, année : 1974, prix de vente : 25,000 pesos

"Cette voiture je l'utilise surtout pour le travail : transporter des pierres, des matériaux de construction pour la maison, mais nous l'utilisons aussi pour faire des voyages avec toute la famille. Ici des voitures résistantes comme celle là sont nécessaires, une voiture classique ne durerait pas longtemps à rouler sur les pistes de montagne."

"Ce qu'il y a d'original sur cette voiture c'est son moteur diesel extrêmement puissant qui ne possède pas de liquide de refroidissement mais un système de circulation d'air, ce moteur représente les 2/3 du prix de la voiture et est garanti pour fonctionner 500,000 km!"




Rapport d'expédition au paso San Francisco

08:41, 16 avril 2007 .. Publié dans 03 Sierra argentina .. 0 commentaires .. Lien

Nous avons retrouvé leur trace et c'est presque si l'absence de contact avec la civilisation lors des 8 derniers jours leur avait fait perdre la parole. Pourtant, ils ont accepté de se confier à nous et d'ouvrir quelques pages de leur carnet d'expédition, reconnaissant volontiers que c'est l'expédition la plus difficile qu'ils aient réalisée jusqu'à présent.

Joie de la victoire malgré l'épuisement total, comme ici au refuge du Paso San Francisco (4730m)

Le 06 avril 2007 (45km, 362m+, 75m-)

Après avoir terminé les formalités préliminaires de préparation d'expédition nous prenons la route vers une barre de montagnes impressionnante. Nous avons bien trouvé les feuilles de coca ainsi que la nourriture de base mais le guichet automatique de la banque étant hors service nous devons prendre la route sans le sou et espérer Fiambalá (1500m). Pour reposer des cuisses bien tendues de Sierra, l'étape du jour ne fera qu'une cinquantaine de km de faux-plat montant. Moment de stress en arrivant à destination, le distributeur de richesses est lui aussi fermé. Pas d'argent et pas de supermarché acceptant les CB à cette heure d'un jour férié, nous n'avons que la moitié de nos vivres d'expédition... Pour gérer notre argent raisonnablement nous marchandons un aller simple pour les thermes de Fiambalá, l'entrée payée, il nous reste 2 pesos en poche et aucun moyen clair de retour à la ville. Les eaux sortant de la roche à 50 degrés nous procurent une sensation de repos qui sera sûrement un atout pour les jours à venir.
Quelques mamies outrées et des couples trop sérieux sortent du bain alors que nous enchaînons les bombes et plongeons vrillés sous le regard pétillant des plus jeunes, heureux de voir la rigolade enfin permise. À minuit quelques Argentins qui ne nous ont heureusement pas croisés dans les bains nous ramènent sains et saufs, gestion encore une fois.

Le 07/04 (60km, 1407m+, 108m-)

Alors que nous devions partir à 7h00 pour éviter le vent terrible dans l'ascension des premiers 20 km, le réveil sonne à 9h. Par chance le seul commerce de la ville qui accepte les CB est ouvert et nous avons enfin le plaisir de charger nos montures de quelques kg de pâtes, boîtes de sardines, biscuits et boissons énergétiques. Grâce à une gestion parfaite de notre temps et après un autre dernier-repas à la gargote du coin nous partons en pleine chaleur à l'heure idéale de 14h. Une ascension lente mais rythmée nous permet d'atteindre l'altitude de notre contrat (2800m) à 18h30 pour entamer la première nuit à la belle étoile entre trois murs des vestiges d'un refuge délabré. Jusqu'ici, tout va bien.

Le 08/04 (80km, 879m+, 150m-)

Départ matinal et bonnes sensations tant que le vent n'est pas là. Après 40km nous arrêtons les bêtes pour les abreuver d'une eau claire et pourtant pleine d'arsenic ; nous tentons une dernière fois de taquiner les truites qui décidément n'aiment pas nos cuillers. Chargés de nos 10 litres d'eau nous avançons dans les douleurs des premiers symptômes de l'altitude sous le regard étonné des vigognes qui ont vraiment la caisse. Manu en défaillance forcera l'équipe à un arrêt précoce dans un refuge à 3600m d'altitude, froide nuit de migraine.

 

Les premiers effets de l'altitude, sous cette lumière écrasante

Le 09/04 (45km, 550m+, 200m-) 

Les vigognes avaient un duvet -15 degrés, Manu n'en avait pas, le départ dans le froid matinal sera violent. Roulant lentement, les kilomètres défilent et l'altitude augmente dangereusement jusqu'à atteindre la barre mythique des 4000m, coup de barre, justement, pour finir les 10 derniers km contre un vent insupportable qui vient de se lever. Nous arrivons au refuge payant de Las Grutas ; avec 2 pesos en poche, seule l'hospitalité de Ricardo Guillermo Gomez et son acolyte Oscar nous sauvera d'une nuit atroce passée dehors par -15 degrés. Nous calmerons notre migraine en buvant du maté tout en écoutant un vieux rock des Creedence.

Un dernier hommage à ces Argentins fantastiques en présence de Ricardo "El Indio" au poste frontière de La Gruta (4000m)

Le 10/04 (21km, 792m+, 116m-)

C'est la date butoir, nous nous étions promis de passer le col avant le 10. À 7h avec beaucoup de bonne volonté nous tentons un premier assaut. Par un tout petit -10 degrés et contre un vent vraiment fou les deux Manus se feront remballer après seulement 700m de lutte. Retour à l'atelier couture et prise du maté avec notre ami Ricardo.

Temps inquiétant aux abords du col sur le versant argentin

Le vent a très légèrement diminué, il faut essayer de grimper. Les premières minutes du deuxième assaut seront très difficiles, les suivantes seront pires. Contre un vent insupportable, nous tentons d'avaler les rares molécules d'oxygène ; petit à petit, entre les indispensables pauses pour reprendre notre souffle, l'altimètre nous accorde un petit supplément. Pédaler, appuyer, respirer, regarder le paysage ? Voilà, l'ascension fût longue (20 km) mais le col est en vue, quelques secondes pour profiter de la victoire et le froid nous emmène tout droit dans nos duvets où un petit appétit nous laissera seulement avaler un thé de coca avant une nuit, quelque part, là haut.

 

Arrivée tardive dans les dernières pentes du Paso San Francisco

Par -15 °C la nuit, il valait mieux se renseigner sur la localisation des refuges comme ici au passage du col-frontière (4730m)

L'épisode de la Sierra Argentina se termine dans un sommeil léger, demain sera un autre jour, une autre épreuve attend les valeureux aventuriers qui ont décidé de frotter leurs pneus aux pistes du désert d'Atacama ...




Bilan de la section Sierra Argentina

06:08, 15 avril 2007 .. Publié dans 03 Sierra argentina .. 0 commentaires .. Lien








 

 

Distance (km) / dont piste (km)

1640 / 140

Nombre d'étapes

18

Dénivelé positif cumulé (m)

15889

Altitude maximale (m)

4726 paso San Francisco

Latitude de départ / arrivée

38°31 / 26°52 

Temps passé sur la selle

87 h 50 min

Nombre de crevaisons

6

Quantité de flocons d'avoine brûlée par l'équipe (kg)

6

Nombre de coups de pédale

Encore une fois désolé pour les amateurs de chiffres mais c'est trop difficile pour nous. 

Difficulté(s) majeure(s)

Toujours plus de dénivelé dans des montagnes désertiques où la chaleur aurait pu nous faire perdre la tête
Difficultés d'approvisionnement en eau

Consommation de paires de chaussettes*

3

Nombre de contacts avec un chien**

7

Brasiers allumés

0

 

Vision globale du trajet

 

*Une chaussette est qualifiée de consommée lorsque les trous représentent plus de surface que la chaussette elle-même.

**Un contact avec un chien ? Se faire éventrer des sacs de nourriture pendant la nuit, devoir lancer des pierres sur l'animal, certes attachant, qui s'obstine à nous suivre même dans l'ascension d'un col, retrouver la popotte à 200m du bivouac un matin...




A venir...la traversée des Andes par le Paso San Francisco (4748m)

09:39, 6 avril 2007 .. Publié dans 03 Sierra argentina .. 4 commentaires .. Lien

Toute cette fin de semaine (Patrick) a été animée par la rencontre de deux Français en expédition vélo qui paraissaient particulièrement excités par leur objectif de ces prochains jours. C'est en parlant avec eux que nous avons vraiment compris ce que signifiait le concept d'expédition. Récit d'un reportage auquel nous ne nous attendions pas.

On les a d'abord vus un couteau à la main, découpant méticuleusement une carte de l'Argentine sur un banc public. Intrigués par leur comportement, nous engageons la conversation : "Pas question de prendre du poids pour rien", nous affirment-ils immédiatement. "Cette carte sera notre seule alliée", nous confie peu après un des ces deux Manus. Cherchons des explications.

Les deux Manus ont décidé de se lancer dans une expédition d'une semaine dont l'objectif principal est l'assaut du Paso San Francisco, à 4748 mètres d'altitude. Pour supporter ces altitudes et l'effort physique, ils ont poussé le concept d'équipement léger à l'extrême, et jeté absolument tout ce qui pourrait toucher à une lointaine forme de confort ou de romantisme. Ils ont préparé leur plan d'attaque mais ont buté sur une incohérence incroyable d'informations galvaudées entre gendarmerie, office du tourisme, magasin de vélo, géologue ou épicier du coin. Il ne font donc confiance à personne, ne comptant ni sur l'assistance d'un trafic inexistant, ni sur ces troubles indications, leur carte et leur confiance infaillible en leurs montures seront leurs seuls alliées. Cependant, nous avons essayé tant bien que mal de faire une synthèse de toutes ces informations pour les aider dans cette confusion et vous présenter un profil du raid.

Jour 1 : montée légère sur 53 km vers le village de Fiambala (1500m), ultime repos des chaînes musculaires dans les eaux thermales. Achat des vivres de course, en vue des 6 prochains jours.

Jour 2 : sortie matinale pour éviter le vent, en remontant une rivière et surtout les courbes de niveau. Arrivée à l'atitude 3600 après 100km, pour un ultime bivouac confortable dans une maison abandonnée en présence de truites.

Jour 3 : jet de la canne à pêche et approvisionnement en eau. Il y a toujours une rivière, mais celle-ci contient des teneurs en arsenic qu'il est recommandé d'éviter. Arrivée au poste de gendarmerie de La Gruta (4200m) après 80km, pour les formalités de passage de frontière vers le Chili et l'approvisionnement en eau.

Jour 4 : montée à l'aube au paso San Francisco (4748m) sur 20 km où se terminent les dernièrs morceaux d'asphalte pour laisser place à une piste "bonne" d'après certains, "atroce et en tôle ondulée" selon d'autres. La température extérieure sera comprise entre -5 et -10 degrés et des vents de face de 160 km/h peuvent se lever après midi, il faudra donc "être prudent", selon Manu. Approvisionnement en eau au Laguna Verde (4200m), "important" d'après Manu car il n'y a sans doute pas d'eau sur les 100km suivants. Bivouac précoce à 4000m vu les conditions de vent. Construction d'un mur de pierres et prise de feuilles de coca envisagés pour combattre ces conditions d'altitude.

Jour 5 : piste toujours et enchaînement de 3 cols à plus de 4000m sur les bords de l'altiplano et du désert d'Atacama jusqu'au poste de frontière chilien.

Jour 6 : utlime étape de piste sur 102km, au milieu des salars pour rallier "à tout prix" Potrerillos, se ravitailler, enfin sous la barre des 3500 mètres. 

Jour bonus : en cas de mal des montagnes ou de tempête de neige

Récit en images la semaine prochaine, dans le prochain Choc.




Nouveaux records

08:22, 5 avril 2007 .. Publié dans 03 Sierra argentina .. 0 commentaires .. Lien

Retour au sérieux, le premier avril passé, nous avons revendu la fiat 1500 et par chance nous avons pu racheter nos montures, tout va bien. Au lieu de partir danser le tango à Buenos Aires nous avons attaqué la traversée de la Sierra del Tigre ; cette période de retour à l'effort a été l'occasion de réaliser quelques records personnels au cours de nos étapes :

  • Vitesse maximale
  • 77 km/h
  • enregistrée le 30 Mars entre San Juan et Talacasto
  • Altitude maximale
  • 2672 m
  • enregistrée au paso El Colorado le 31 Mars
  • Dénivelé positif d'une étape
  • 1610 m
  • arraché au cours de l'étape du 31 Mars
  • Distance maximale en une journée
  • 157 km dont 25 de piste
  • étape du 4 Avril entre Chilecito et Tinogasta
  • Enchainement d'étape
  • 611 km en 5 jours
  • réalisé entre Talacasto et Tinogasta pour arriver à temps au paso San Francisco

Voilà nos cuisses sont en forme alors à bientôt pour le passage entre des étapes de montagne et de très haute montagne...




Changement de programme

09:37, 1 avril 2007 .. Publié dans 03 Sierra argentina .. 2 commentaires .. Lien

Voilà, tout compte fait, tout bien réfléchi, en fin de compte, quoiqu'il en soit la décision a été prise dans la douleur des dernières courbatures du dernier assaut du paso El Colorado. Nous redecendions penaud. C'est celà, nous arrêtons les folies d'un grand coup de frein à disque. Ne soyons pas truites pour autant, tout change, n'est-ce pas, et le programme de l'Aventurina, lui aussi, est soumis à changement, pourtant tout ne s'arrête pas là.
Ne vous y trompez pas, si nous avons nos cuissards sur la photo ci-dessous c'est parce que nous ne les avons pas encore vendus. La vente des vélos, elle, nous a permis de nous offrir cette superbe fiat 1500, année 1968 ; un petit bijou qui fonctionne à merveille.

Notre fiat 1500, acquise pour seulement 10.000 pesos

Nous partons maintenant sur les routes de la pampa argentine, direction Buenos Aires pour aller y apprendre à danser le tango ; et sur la route n'oubliez pas de vous arrêter pour taquiner une petite truite de temps en temps...

truite




Brève : État des troupes après 2 mois de course

08:57, 1 avril 2007 .. Publié dans 03 Sierra argentina .. 0 commentaires .. Lien

Regard vide et sourire forcé, une petite sieste s'impose au bord de la route qui mène au paso El Colorado




La route des vins de Mendoza à San Juan

02:59, 30 mars 2007 .. Publié dans 03 Sierra argentina .. 1 commentaires .. Lien

 La bodega "Las Guardas", à San Juan

Pour commencer : la salle de dégustation.





Puis un petit tour à la cave pour vérifier l'état des réserves.

Et pour finir...

     

Blanc sur rouge, rien ne bouge; rouge sur blanc, tout fout le camp.
Pour les originaux, contactez Alice (cf article "Notre équipement...")




Brève : arrivée mouvementée à Mendoza

02:45, 29 mars 2007 .. Publié dans 03 Sierra argentina .. 0 commentaires .. Lien

Les dernières sections de pampa de l'aventurina ont été avalées dans la difficulté. De nombreux automobilistes ont la sale manie de doubler même lorsque nous nous retrouvons face à eux,  comme ce fut le cas pour une voiture de police. Le résultat : une insulte à agents des forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions.




A venir : La route des vins de Mendoza

03:31, 23 mars 2007 .. Publié dans 03 Sierra argentina .. 10 commentaires .. Lien

La route des vins de Mendoza, pour fêter les 2500 km




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