Brève : David Vincent les a vusOui, je ne peux pas m'empêcher d'y croire. Je ne crois que ce que je vois, et j'ai aperçu à l'insu de mon plein gré un être aux dimensions étranges, et je vous l'jure son visage en forme de couscoussière me faisait signe que les choses allaient bientôt changer...
On ne les voit que du ciel...
Bilan de la section Atacama
*Dans le désert, comme le dirait le prince, on ne consomme pas de paires de chaussettes, on se met pieds nus dans ses chaussures. **Se faire pisser sur les sacoches par un tout p'tit chien, se réveiller de sa sieste avec un nouvel ami... Brève : Terrible ascension vers l'altiplanoDépart en milieu d'après-midi après notre intervention au Collège de San Pedro. Devant nous se dresse un mur de 2000m de dénivelé en haut duquel se trouve le convoité altiplano à 4500m d'altitude. Les premiers kilomètres de l'ascension seront terribles, les suivants seront pires. Sur ce mur se dessine une route, droite, en plein dans la pente, pas une courbe pour adoucir l'effort ; les ouvriers étaient sans doute en restriction budgétaire sur le goudron, nous en paierons les conséquences par des contractions musculaires d'une danseuse titanesque qui nous fera échouer sur le bord de la route après 25km d'ascension et 1400m grimpés.
C'est ici, sur une voie d'arrêt d'urgence que nous poserons la tente et que nous survivrons dans un bivouac de fortune avec les quelques litres d'eau que des passants nous jettèrent avec compassion dans la montée. Le lendemain matin, pas le temps de s'échauffer, nous attaquons d'emblée les dernières pentes à 8 pourcent de moyenne. Quelques grammes de douleurs musculaires plus loin, nous apercevons la surface, enfin nous perçons la membrane vacillante et d'une grande respiration d'homme presque noyé nous effaçons toute la souffrance des heures passées. Au loin nous devinons une petite baraque, au dessus d'elle un drapeau flotte, là à la surface, "bienvenue en Bolivie" nous lance-t-il.
Collège atacameño de San PedroNous aurons deux heures pour intervenir le vendredi 20 après-midi dans la classe des octavos (équivalent au niveau 6ème) pour parler, selon le désir de la professeure, d'environnement et d'influence de l'Homme sur la nature dans le cadre du cours de "patrimoine culturel et environnemental". Nous décidons de donner aux élèves un récit de notre traversée cycliste en parlant des problèmes environnementaux majeurs qui affectent les régions que nous avons traversées jusqu'ici. En Patagonie nous avons été sensibilisés au problème de la réduction de la couche d'ozone qui affecte la région polaire tous les ans au printemps austral ; en route pour la région des lacs nous avons réfléchi au problème de recul des glaciers dû au réchauffement du climat en prenant comme exemple le glacier exploradores que nous avons visité au sud de Coihaique. En parlant de la route de la Sierra argentine et du désert d'Atacama nous aborderons l'importance de la gestion des ressources en eau : pollution et gaspillage sont des sources de problèmes environnementaux auxquels ces enfants, qui vivent dans le désert le plus aride du monde, ont été largement sensibilisés. En fin de séance nous montrons simplement des photos de lieux que nous avons visités et nous sommes surpris par la culture générale de ces enfants de 12 ans qui connaissent le nom des lacs de Patagonie aussi bien que celui de sommets des Andes que nous avons pris en photo. Enfin nous donnons consigne aux élèves de rédiger une carte chacun à destination d'un élève que nous rencontrerons plus tard dans une classe de Bolivie et rendez-vous est pris pour un cours de sport le lundi. Lundi matin, retour en classe. Au programme : présentation de nos vélos et de tous les éléments de notre équipement sportif ; un petit cours de nutrition du sport appuyé par la présence de nos vivres de course pour l'expé bolivienne à venir et enfin sortie vers les terrains pour quelques matchs de volley, hand, foot suivis d'une séance d'étirements commentés et illustrés.
Nous récupérons les cartes à destination de la Bolivie et distribuons celles des enfants de Quito. Beaucoup de bruit, d'agitation et de curiosité, les plus enthousiastes écriront sans doute bientôt à leur nouveau correspondant.
Découverte des cartes provenant d'Equateur Après un déjeuner agité avec les élèves et après avoir récupéré tous les mots d'amour de nos jeunes admiratrices, nous partons, un peu tard il est vrai, pour notre dernière expédition cycliste.
Désert sessions"Combien de jours par an avez-vous de la pluie? [Manu] Le désert d'Atacama est connu pour être le plus aride du monde et s'étend de la côte pacifique à la Cordillère des Andes sur 1000 km de long et 400 km de large. Il est intensément exploité pour ses minerais et possède notamment la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde située à Chuquicamata près de Calama. La ressource en eau est un problème fondamental car les cours d'eau sont soit à sec, soit chargés d'éléments toxiques acquis au contact des roches (comme par exemple l'Arsenic) soit tout simplement salés. Ainsi, lors de toute la traversée nous n'aurons vu ni un cours d'eau, ni une touffe d'herbe, ni un coin d'ombre.
La chaleur ne sera pas aussi terrible que prévue (30 degrés) mais les douleurs musculaires atroces liées à la déshydratation ont été inévitables. Le défi consistait à traverser ce désert dans le sens de la largeur en partant de la côte pacifique à Antofagasta pour arriver à San Pedro de Atacama (2400m) au pied de l'altiplano bolivien. Il a fallu grimper beaucoup comme l'illustrent ces 3700m de dénivelé positif avalés sur les 310 kilomètres du raid. 3 jours de souffrance au soleil, 3 jours passés à interpréter la direction du vent et à maîtriser nos nerfs face à un paysage trop uniforme pour vouloir y traîner les pieds. Il a fallu une certaine détermination à en finir pour reprendre le vélo en fin d'après-midi, assoupis et écrasés par la chaleur nous obligeant à une coupure en milieu de journée. Ce qui n'a pas posé de problème en revanche, c'est la prise de décision quant à l'emplacement du bivouac : rien de compliqué, il suffit de s'arrêter au soleil couchant et de marcher 100 mètres d'un côté de la route selon l'humeur de l'équipe. Ce seront deux nuits magnifiques passées à la belle étoile, au milieu de rien.
La recherche d'un abri pour bivouaquer Les derniers kilomètres nous feront tout oublier en révélant des paysages inimaginables lors d'une descente fantastique vers le village de San Pedro de Atacama.
La Valle de La Luna Les premières touffes d'herbe apparaissent : une oasis...Cela tombe bien car il n'y a plus une goutte d'eau dans la gourde de Manu!
Brève : Tropico coco
Besoin d'un calendrier pour 2008 ?
C'est ici, au beau milieu du désert d'Atacama que nous avons franchi le tropique du Capricorne justement à l'occasion d'une séance de photos pour le calendrier privé de l'Aventurina. Désormais le soleil au zénith nous oblige à inclure les tubes de crèmes solaires dans notre budget et les marques de bronzage de Manu deviennent viriles et en font retourner plus d'une dans la rue (cf calendrier Aventurina 2008).
Kilomètre 4000 Brève : télé... réalité
Afin de remercier toutes les fans chiliennes de l'Aventurina : celles qui ont suivi assidûment notre aventure sur le blog, celles qui nous ont envoyé des lettres d'admiration ainsi que celles qui ont couru derrière nos vélos jusqu'à l'épuisement ; nous avons accepté de répondre à l'invitation de la télévision chilienne du Nord. Notre dernier adieu à nos fans chiliennes s'est donc déroulé depuis les sofas du plateau TV du "Youpi Matin" local... Adios Chile ! À venir : la traversée du désert d´Atacama
Désormais, nous ne croiserons plus un arbre, nous ne trouverons plus d'eau douce sur le chemin et nous ne ferons que monter. Les tropiques sont en vue, la Bolivie approche. Rapport d'expédition au paso San Francisco... suiteLe 11/04 (40km, 364m-, 593m+)
Nous partons avec un avantage, nos vélos sont légers, effectivement il n'y a rien dans nos sacoches, tous nos vêtements sont sur nous. Le froid finit toujours par transpercer nos protections thermiques quasi ultimes, il rentre surtout par les trous dans les gants de Manu et par les aérations naturelles des chaussures, la seule solution pour résister est de crier, pas trop fort, mais un peu quand même. Après avoir laissé la Laguna Verde (4300m) derrière le pneu le vent commence à taquiner nos nerfs, encore quelques grammes de douleur dans ce monde de désert. La fin de l'étape sera un cauchemar, une heure passée à pousser les montures sur une piste de sable pour atteindre le seul refuge (4500m), le refuge du départ pour les Ojos del Salado, la deuxième cime des Andes et plus haut volcan actif du monde (6887m). ![]() Impossible d'éviter le vent après midi aux confins du Laguna Verde (4300m) Le 12/04 (76km, 294m+,974m-) Ce doit être le jour de la délivrance. Nous étions trop emmitouflés pour entendre le réveil sonner. Dans l'ivresse des 4500m d'altitude nous attaquons les derniers cols de la traversée qui ne nous résisteront pas grâce à notre acclimatation naissante. Enfin les premières descentes où nous jouissons d'une sensation de glisse parfaite dans cet environnement où la résistance de l'air est quasi inexistante. Sur le bord du salar de Maricunga la délivrance prend la forme d'un poste frontière chilien où nous pourrons nous ravitailler en eau et passer la nuit sur un banc à moins de 3800m, après 70 km d'étape.
Passage de bosses sur 160 km à l'assaut du versant chilien, avant la descente Le 13/04 (186km, 520m+,3346m-) Il ne fallait pas croire que tout était fini. Il nous restait bien 3000m à descendre mais la carte ne mentionnait pas les 2 cols à 3800m et 3600m que nous devions franchir. Les premiers 70km passeront dans cette heureuse sensation de glisse de l'altitude. Sans faiblir nous attaquons le deuxième col inattendu ; notre patience sera récompensée par la vision d'une descente des plus vertigineuses : 1000m de dénivelé négatif s'étalent sur quelques 15km de route à pic devant nous. Arrivé au fond du canyon nous comprenons enfin que nous sommes arrivés dans le désert d'Atacama, celui dit-on, qui est le plus aride du monde. La carte était fausse, ce n'est pas 102km qu'il nous faudra parcourir comme attendu, mais 186km ; nous finirons cette mythique traversée par une arrivée à Diego de Almagro dans la fraîcheur de la nuit tombante, épuisés, heureux.
Descente vertigineuse vers le désert d'Atacama, ici à 3700m |
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