Brève : Huayna, premier 6000

 

L'arrivée à La Paz a été marquée par bien des choses mais notamment par la vision d'une pyramide de neige et de glace, le Huayna Potosi, culminant à plus de 6000m. L'envie était trop forte, l'acclimatation aussi et nous décidons rapidement d'aller voir ce beau bébé de plus près.

Le Huayna Potosi (6088m) vu des hauteurs de La Paz

Pour une fois le vent ne s'est pas levé, pour une fois la neige est bien tassée, pour une fois aussi le réveil ne nous trahit pas et l'inverse non plus, pour une fois, pour sa première fois sur glacier Manu se paie le luxe d'y associer un premier 6000, notre premier 6000.

Allez Manu, te laisse pas distraire par le paysage et termine le boulot, le sommet te tend les bras...

 



Publié à 16:49, le 24-jun-2007, dans 06 Cordillera Real, Nevado Huayna Potosí
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La Cordillère Royale, jusqu'au bout

La Cordillera Real est la plus longue et haute chaîne de montagnes de Bolivie. Avec plus de 10 sommets à plus de 6000 mètres d'altitude, partant de La Paz et dominant ensuite le lac Titicaca, cette Cordillère difficile d'accès présentait un objectif parfait pour poursuivre le raid, l'objectif pointé vers le Nord.

La région est aussi le refuge de populations très retirées, Aymaras qui vivent de l'élevage de lamas et de la culture de quinoa. En permanence au-dessus de 4000 mètres d'altitude et fleurtant très souvent avec les 5000 m, les rares villages de vallée ne nous permettront pas de nous ravitailler. De plus, frappés par ces énormes glaciers et ces sommets impressionnants (Huayna Potosi, Condoriri, Chachakumani, Illampu), nous nous décidons à nous encombrer d'un matériel d'alpinisme conséquent afin de faire face à toutes les conditions possibles. Nous voilà donc partis avec 11 jours d'autonomie  et 25kg de matériel sur le dos. Sûrs de notre force, nous prenons à peine l'argent nécessaire pour la location de mules ou d'animaux de charge quelconque.

Le Huayna Potosi depuis le camp de base

La première étape de l'expédition, l'ascension du  Huayna Potosi (6088m) nous permettra de prendre une confiance indestructible sur l'acclimatation et la forme du moment, alors que nous n'avons toujours pas marché avec les gros sacs laissés au camp de base. Ce test sera effectué dans la douleur le lendemain, étape épuisante au cours de laquelle se profile une mauvaise intoxication alimentaire de Manu qui va handicaper l'équipe dans les jours à venir. Accueillis par un villageois ce soir là, le nez enfoui dans une truite toute fraîchement préparée, la chance a toutefois souri à l'équipe car l'état critique de la fermeture de notre tente canadienne aurait conduit à l'extermination de l'équipe lors de la tempête qui s'ensuivit la nuit. Les derniers pesos seront donc lâchés dans la location de deux ânes pour continuer la route, sous la neige fraîche du matin et au pied du Condoriri.

Il n'y a la plupart du temps pas de sentier identifiable sur ce trek et les cols à plus de 5000m s'enchaînent, pour replonger vers un lac de vallée et remonter encore, dans un environnement de montagne extraordinaire. Le froid mordant nous fait passer des nuits difficiles mais nous traversons la Cordillère par l'important Paso Mullu (4900m) qui signifie -apparemment- la fin des grosses difficultés. Il faudra néanmoins être patient et marcher encore et encore 4 jours pour atteindre le village de Cocoyo et reprendre un peu notre souffle.

Descente impressionante vers une vallée perchée à 4500m

Le plus dur restait à faire pour rallier Sorata le point septentrional du trek car nous envisagions une traversée glaciaire directe par les Nevados Illampu et Ancohuma. Cette traversée s'avère finalement difficile sur le plan technique et nous fait modifier l'objectif vers l'ascension du sauvage Ancohuma (6427m) directement depuis le village de Sorata, ce qui consituera donc l'ultime défi vers ce sommet peu exploré mais sans difficultés techniques apparentes sur ce versant.

Le Nevado Ancohuma (6427m) vu depuis le lac Titicaca. Au pied, bien caché dans les nuages, le village de Sorata. 

En partant de Sorata (2700m), il faut atteindre le camp de base de la Laguna Glacial (5100m) et ce sera fait en une journée, droit dans la pente, bien aidés pas deux locaux chargés d'hémoglobine. Dans ce lac se jettent les énormes glaciers de l'Ancohuma et de l'Illampu voisin ce qui en fait un lieu de bivouac inoubliable.

Le bivouac le plus haut du trek, à la Laguna Glacial (5100m)

Le départ se fait assez tard dans la nuit pour attaquer le glacier au petit matin et se rendre compte que Manu a oublié son piolet, ce qui finalement n'est pas si grave. La montée est longue car le glacier est très crevassé mais le temps tient et les 6000m sont atteints à 10h30 du matin.

Un petit replat a l'aube des 6000m et de la pente finale

C'est là que la trace s'arrête, qu'il reste 450 mètres de dénivelé à gravir avec de la poudreuse jusqu'aux genoux. Epuisés par cette lutte impossible, l'heure déjà bien avancée nous conduira à renoncer sans véritables regrets vu les conditions.

La fatigue, le manque de lucidité et le brouillard nous conduiront même à perdre le sentier, à perdre notre contrôle et recourir à un bivouac en catatrophe lors de la redescente. Le retour à la chaleur reconfortante de Sorata sera donc effectué le lendemain matin, fin d'un trek tout à fait exceptionnel.



Publié à 16:38, le 22-jun-2007, dans 06 Cordillera Real, Cordillera Real
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