Folies sur le salar d'Uyuni

 Départ à la mi-journée pour une entrée mouillée sur le fameux salar, le plus vaste du monde, la salar d'Uyuni. Après un court doute sur notre capacité à traverser le lac salé à vue sans se perdre, nous partons en oubliant les récits de cyclistes désorientés qui ont failli y mourir. Pour la première étape l'hôtel de sel est en vue,  une chaleureuse soirée nous y attend en compagnie de notre ami québécois John Viens qui fait revivre Brassens à la guitare avant de jouer quelques langoureux morceaux de tango.

Comment imaginer un paysage aussi extraordinaire ? C'est très simple, vous êtes sur un bateau, au milieu d'un lac, ou plutôt d'une mer intérieure, seule originalité : le bateau ne tangue pas, il est pris dans la glace, coincé par la banquise qui se forme à cette saison. Pas d'autres choix, il faut mettre pied à terre, enfin le pied à sel. Sous le pas les cristaux de sel croustillent comme leur nom l'indique. En marchant ou en roulant, le son est celui de la sensation des pas dans la neige légèrement croutée en surface par une nuit gelée. Sur le sol se dessinent des pancakes hexagonaux en hommage à notre ami quebequois. En élevant le regard vous parcourez cette étendue immaculée, vous tournez sur vous mêmes et à 360º, toujours cet éclat des cristaux de sel vous éblouit. Au dessus de cet infini blanc, un autre infini bleu, le paysage se résume lorsque l'on regarde bien droit à un demi-plan bleu posé sur un demi-plan blanc, on appelle ça de l'art moderne. Seules de maladroites taches de nuages viennent perturber quelque peu le tableau, et entre les demi-plans quelques cônes de volcans et de montagnes lointaines apparaissent dans un mirage.

 

C'est ici que l'on se rend compte que la Terre est ronde, il n'est pas possible de viser une île de 50m de hauteur distante, d'où l'on se trouve, de plus de 30km ; notre regard porté par la tangente locale à la surface terrestre ne rencontre pas ladite île cachée par la courbature de la Terre.

Une fois que l'on s'est orienté, toutes les folies sont permises ; il est permis, par exemple, de rouler en suivant de larges courbes, l'on peut aussi filer en slalomant entre les petits agrégats de sel et l'on peut enfin gouter à la sensation de liberté, sans les pépins, et courrir nu sur le salar à l'intersection de deux demi-infinis.

Dans un tel paysage, on se sent réellement tout petit.


Publié à 16:06, le 20-mai-2007, dans 05 Altiplano, Uyuni
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