Objectif Cotopaxi

Le relatif échec du Sangay digéré, les regards se tournent vers le prochain objectif de l'Aventurina: le Cotopaxi, 5897m de roche, de glace, et parfois de feu, qui surmontent fièrement "L'Allée des Volcans". Afin d'aborder l'ascension dans les meilleures conditions, un ambitieux programme d'acclimatation est mis en place.

Première destination: l'Antizana, nevado de plus de 5700m isolé dans le paramó à l'est de Quito, au pied duquel notre nouvelle recrue dépassera pour la première fois l'altitude fatidique du Mont Blanc, et un bivouac à la belle étoile verra Manus se fera défoncer par le froid dans son duvet devenu un "+10ºC confort".

Au pied de l'Antizana (5758m)

L'étape suivante est la première véritable ascension équatorienne: l'Illiniza Norte, aiguille de roche culminant à plus de 5100m et pourvue d'un spartiate refuge à 4750m. L'ascension débute à l'aube du 13 juillet, alors que les brumes matinales découvrent progressivement la montagne blanchie par les récentes chutes de neige. L'ascension oscille entre rocher rouge et branlant et neige immaculée, et l'aiguille sommitale est atteinte sans difficulté, mais dans une ambiance vertigineuse, sous les regards bienveillants du Cotopaxi et de l'Illiniza Sur.

Festival de couleurs entre les Illinizas

L'Illiniza Sur (5263m), entre ombre et lumière

Dans une forme optimale, nous partons confiants vers l'objectif principal de ces quelques jours: l'ascension par la "Cara Sur" du Cotopaxi, suivie d'une traversée du cratère sommital et d'une descente par la voie normale. Première étape: montée au refuge de la Cara Sur depuis la Panaméricaine, Manu et Quentin au chaud à l'avant d'un pick-up, Manu se pelant dans la remorque à vaches. Au même moment, l'Argentine se faisait allumer en finale de la Copa America par un Brésil retrouvé, mais la chaleur des cabanes console vite les Manus de cette terrible désillusion. Deuxième étape: Montée en cheval au Campo Alto, à 4700m d'altitude, quelques tentes de toile poussiéreuses et battues par les vents au pied des glaciers du Cotopaxi... Les chevaux asthmatiques, l'altitude et le chargement instable ne permettent pas de lancer les grands galops esperés, mais la montée dans le paramó et les cendres volcaniques est de toute beauté. La jonction avec le Campo Alto intervient vers midi, ce qui laisse toute latitude pour des exercices de sécurité sur glacier et une reconnaissance de la route à suivre, car la trace de montée brille par son absence. Qu'à cela ne tienne, munis de points GPS et de photos aériennes, nous quittons le camp à 1h30 du matin.

Départ à la fraîche

Rapidement, il faut se rendre à l'évidence: le brouillard environnant et l'absence de lune nous imposent une visibilité de 20m au mieux, insuffisant pour anticiper les nombreuses crevasses. Par une fois, le sol se dérobe sous les pieds d'un des nôtres, et les problèmes d'itinéraire deviennent pressants. Alors que la cordée commence à se diviser sur la route à suivre, le brouillard se déchire enfin, et les frontales permettent d'apercevoir un passage crucial entre deux énormes crevasses. Il est 4h déjà, et la route est encore longue.

Eviter les crevasses

A la faveur de l'aube naissante, qui jette sur les sommets environnants des lumières fantastiques, le chemin devient clair. Mais la qualité de la neige se met à faire défaut : nous nous enfonçons souvent jusqu'aux chevilles, et la marche devient exténuante. Motivés comme jamais par la vue du sommet proche et des fumerolles qui l'entourent, nous jettons toutes nos forces dans les dernières centaines de mètres, et atteignons le cratère à 10h du matin , après plus de 8h d'ascension. Rien n'est terminé pourtant, et il faut encore chercher des forces pour effectuer le tour du cratère et atteindre le sommet principal, à 5896m, où une brume persistante nous empêchera d'admirer la vue tant espérée...

Au sommet, dans la purée de pois

Et il faut descendre, déjà, quitter ces altitudes où le corps a du mal à récupérer, lutter contre la fatigue et contre un soleil terrible qui transorme le glacier en fournaise. L'air nouvellement retrouvé nous permettra d'achever la descente sur le coup des 15h, véritablement épuisés, mais remplis des magnifiques paysages de l'aube et de l'ambiance irréelle du cratère sommital.

Et il faut déjà redescendre

QG


Publié à 18:44, le 28-jui-2007, Cotopaxi
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