Une leçon de géographie dans la communauté Mapuche de ChorriacaLe village n'est plus qu'à 17km, nous sortons de l'orage, nous nous sentons hors de danger. Avant d'arriver dans le village nous enlevons nos vestes en Groe teqs et nos cuissards; pour la première fois nous avons la sensation d'entrer dans un lieu qui appartient à un monde que nous ne connaissons pas. Tous les hommes sont rassemblés à l'entrée du village sur un terrain de foot et disputent un match sérieux, personne ne nous prête attention ; seul un petit bonhomme nous approche en vélo. Au centre du village nous ne trouvons personne sauf des vieilles dames qui nous épient par une trouée de leur haie mais ne semblent pas prêtes à nous renseigner. Il nous faudrait seulement quelques litres d'eau et deux mètres carrés d'herbe pour poser une tente. Le soleil se couche et nous ne savons toujours pas où dormir, personne ne souhaite nous ouvrir sa porte, seul reste le vacarme produit par les piaillements d'une colonie de perroquets qui a colonisé tous les arbres du village. Le chef de la communauté nous autorise à dormir sur un coin de dalle en béton dans l'école, inespéré. L'accueil que l'on nous réserve change progressivement et c'est au cours de la soirée passée à discuter autour d'un maté avec Ramiro et l'équipe d'instituteurs qu'émerge l'idée que nous aurions du proposer de nous-mêmes, après tout nous allons dormir dans l'école. En quelques minutes au réveil nous organisons notre intervention ; déjà avant l'entrée en classe un essaim d'élèves s'est assemblé autour de nos deux vélos, tous sont excités et se bousculent pour voir cliquer une pédale auto ou jetter un oeil à l'écran du GPS. Nous passerons dans les classes des quintos, sextos et septimos (CM1, CM2 et 6ème). Ces élèves d'une communauté indienne Mapuche vivent dans une vallée isolée des montagnes argentines ; nous pensons donc intéressant de leur parler de la géographie du monde. Voilà le rôle que les instituteurs nous ont donné : parler aux élèves, un globe terrestre à la main, le faire tourner pour découvrir des continents, pour comprendre les saisons et la course du soleil, parler des hommes qui vivent en France et parler la langue que parlent ces hommes. Évidemment parler d'Amérique du Sud, parler des Andes et des images que nous en avons, parler de vous.
Élèves de sextos Dernière sonnerie, fin de la matinée, les élèves ne veulent plus parler ; tout le monde est d'accord, les choses ne peuvent pas finir autrement que par un match de foot dans la cour de l'école. Nous sommes arrivés trempés après une grosse pluie d'orage, un soir sous un ciel gris. Après les discours et les remerciements réciproques nous repartirons émus sous un ciel parfaitement bleu en levant une main du guidon pour dire au revoir aux derniers élèves qui tardent à retourner en classe.
Ils ont mangé nos fruits, ils ont brulé nos branches, Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 45 sur 62 } { Page suivante } |
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