Rapport d'expédition au paso San Francisco... suiteLe 11/04 (40km, 364m-, 593m+)
Nous partons avec un avantage, nos vélos sont légers, effectivement il n'y a rien dans nos sacoches, tous nos vêtements sont sur nous. Le froid finit toujours par transpercer nos protections thermiques quasi ultimes, il rentre surtout par les trous dans les gants de Manu et par les aérations naturelles des chaussures, la seule solution pour résister est de crier, pas trop fort, mais un peu quand même. Après avoir laissé la Laguna Verde (4300m) derrière le pneu le vent commence à taquiner nos nerfs, encore quelques grammes de douleur dans ce monde de désert. La fin de l'étape sera un cauchemar, une heure passée à pousser les montures sur une piste de sable pour atteindre le seul refuge (4500m), le refuge du départ pour les Ojos del Salado, la deuxième cime des Andes et plus haut volcan actif du monde (6887m). ![]() Impossible d'éviter le vent après midi aux confins du Laguna Verde (4300m) Le 12/04 (76km, 294m+,974m-) Ce doit être le jour de la délivrance. Nous étions trop emmitouflés pour entendre le réveil sonner. Dans l'ivresse des 4500m d'altitude nous attaquons les derniers cols de la traversée qui ne nous résisteront pas grâce à notre acclimatation naissante. Enfin les premières descentes où nous jouissons d'une sensation de glisse parfaite dans cet environnement où la résistance de l'air est quasi inexistante. Sur le bord du salar de Maricunga la délivrance prend la forme d'un poste frontière chilien où nous pourrons nous ravitailler en eau et passer la nuit sur un banc à moins de 3800m, après 70 km d'étape.
Passage de bosses sur 160 km à l'assaut du versant chilien, avant la descente Le 13/04 (186km, 520m+,3346m-) Il ne fallait pas croire que tout était fini. Il nous restait bien 3000m à descendre mais la carte ne mentionnait pas les 2 cols à 3800m et 3600m que nous devions franchir. Les premiers 70km passeront dans cette heureuse sensation de glisse de l'altitude. Sans faiblir nous attaquons le deuxième col inattendu ; notre patience sera récompensée par la vision d'une descente des plus vertigineuses : 1000m de dénivelé négatif s'étalent sur quelques 15km de route à pic devant nous. Arrivé au fond du canyon nous comprenons enfin que nous sommes arrivés dans le désert d'Atacama, celui dit-on, qui est le plus aride du monde. La carte était fausse, ce n'est pas 102km qu'il nous faudra parcourir comme attendu, mais 186km ; nous finirons cette mythique traversée par une arrivée à Diego de Almagro dans la fraîcheur de la nuit tombante, épuisés, heureux.
Descente vertigineuse vers le désert d'Atacama, ici à 3700m Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 35 sur 62 } { Page suivante } |
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