Caballeros en los Andes

Dès 6h c'est la course dans le village de Cajatambo pour trouver un âne à vendre ; malheureusement pour nous, les bêtes sont trop aimées de leur maître et nous n'avons d'autre choix que de louer celui du laitier pour la journée. Les selles sont en place, les chevaux presque aussi enthousiastes que nous, un départ tardif se profile à presque 9h. Après un passage de col très raide notre chemin se laisse dompter et suit tranquillement une rivière aux eaux tumultueuses qui intimide nos montures. Au coeur d'une végétation de cactus, au fond d'un canyon de western, nous lançons un galop pour traverser une rivière et sentir un peu plus fort le vent de la liberté.

Remontant lentement, maintenant sur le flanc de vallées escarpées, le village d'Urumanza est atteint ; les sabots claquent sur les pavés pour une courte ballade dans les ruelles en pente du village. C'est ici qu'il nous faut trouver un âne pour la suite du trek...



Publié à 17:37, le 15-jui-2007, dans 09 Cordillera Huayhuash, Cordillera Huayhuash
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Brève : David Vincent les a vus

Oui, je ne peux pas m'empêcher d'y croire. Je ne crois que ce que je vois, et j'ai aperçu à l'insu de mon plein gré un être aux dimensions étranges, et je vous l'jure son visage en forme de couscoussière  me faisait signe que les choses allaient bientôt changer...

On ne les voit que du ciel...



Publié à 17:34, le 6-jui-2007, dans Breves, Nazca
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Machette trail, sur la piste du jaguar

Arrivés à Boca Manu tout n'était pourtant pas terminé, nous voulions voir la forêt de l'intérieur et il est vrai que la descente en radeau nous en avait laissé à l'apéritif. C'est dans un petit village d'une communauté d'indiens Piros que nous trouverons notre guide pour aller défricher un sentier à la machette dans la forêt tropicale sur les traces de divers mammifères mais surtout sur les traces du Jaguar, celui que l'on appelle ici "El Tigre".

Notre guide : Santos

Après plusieurs heures de marche dans la forêt, de pirogue, de traversées boueuses nous atteignons une quebrada où nous pouvons marcher les pieds au frais dans une rivière et suivre la trace que le jaguar a laissée dans le sable humide. Le camp sera dressé sur une plage, autour d'un feu ingénieusement allumé par Santos, à l'endroit même où passe la piste du jaguar. Malgré nos recherches à la frontale El Tigre, timide aujourd'hui, n'aura pas osé rencontrer l'Aventurina.

 

Marche à la fraîche dans la quebrada   /    Claire et imposante trace du jaguar

Jusqu'à présent Santos ne nous avait que vaguement parlé des indigènes non contactés : ces tribus vivant au coeur de la forêt de manière traditionnelle et n'ayant de leurs contacts avec la "civilisation" que de trop mauvais souvenirs pour épargner tous ceux qui rentrent sur leur territoire. Il nous avoue maintenant que la quebrada que nous suivons délimite le territoire de la communauté Piro d'une communauté d'indigènes non-contactés. C'est ici que lors d'une chasse ils avaient rencontrés un groupe de non-contactés et avaient réussi à s'enfuir en tirant au fusil en l'air pour les effrayer ; une autre fois, moins chanceux, deux de leurs hommes se sont fait prendre et emmener pieds et poings liés, ils ne sont jamais revenus. Nous comprenons maintenant pourquoi Santos ne s'éloigne jamais de son fusil et sommes rassurés à l'idée de retourner au coeur du territoire des Piros.

C'est ici que commence notre trek à la machette, il faut se créer un passage en coupant les lianes et les jeunes arbres pour retrouver le chemin de la communauté sans oublier de garder l'oeil ouvert pour repérer par exemple un groupe de singes noirs qui s'enfuit au dessus de nos têtes en faisant frissonner la canopée.

Un singe noir, peu visible depuis le sol

Quelque peu fatigués de notre trek, des moustiques et autres bebettes hématophages, de la chaleur inhabituelle à notre Aventurina nous irons finir le chapitre Amazonia en faisant du stop au bord de la rivière pour qu'une pirogue nous ramène vers la civilisation.



Publié à 17:22, le 5-jui-2007, dans 08 Amazonia,
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Descente de feu sur le Rio Madre de Dios

En cette fin d'après-midi, le radeau tout frais sorti du chantier est mis à l'épreuve sans attendre une seconde et notre esprit est immédiatement en proie au doute : notre balsa est-elle bien conçue pour relever les défis qui se présentent lors de cette descente de 120 km? Pas le temps de réfléchir ni de se retourner pour un dernier adieu à Ernesto notre architecte et aux villageois, le courant est fort et le premier virage est très serré. Il faut alors pagayer sans relâche pour aller plus vite que le courant tout en rétablissant sans cesse la direction pour ne pas aller s'écraser sur la rive ou sur un rocher. Notre radeau fait ses premières preuves. Un peu lourd à manoeuvrer, il est aussi très solide et sa proue fend les vagues sans broncher: le premier bivouac est ainsi atteint après 2 heures de descente très animée.

Ce radeau s'avèrera-t-il indestructible?

Mis en confiance par ce premier round, nous n'avions pas encore conscience des nombreux défis qui allaient encore se présenter. Dans notre tête, le plus dur avait été fait car le courant diminuait à présent de kilomètre en kilomètre. Cependant, il serait bien imprudent de vouloir se laisser filer. La rivière se sépare en nombreux bras et le choix de la trajectoire est important pour ne pas se retrouver dans un bras mort, la rivière est aussi au plus bas en cette saison sèche et s'échouer sur un lit de cailloux nous arrivera plus d'une fois. De plus, de nombreux troncs ou branches d'arbres (les palos) disposés dans le lit de la rivière et parfois visibles au dernier moment sont autant de récifs à éviter. La chaleur du jour est forte et après cette longue journée la fatigue commence à se faire sentir. Il n'en fallait pas plus pour produire les conditions de ce que nous appellerons un véritable naufrage.

Détermination et inquiétude dans le regard -oui Patrick- à l'approche du prochain défi

"Encore un palo, Manu regarde devant.
-D'après le courant, on devrait le prendre par la gauche non?
-Ouais, mais alors il va falloir pagayer, on est déjà pas très bien placés. Pagaie a gauche, je m'occupe de la direction. Aaallleeez!"

Ce palo sera mal négocié, faute d'une attention suffisante. Il est trop tard pour rétablir, le radeau s'écrase, avec sa vitesse monte sur le tronc d'arbre et se retourne. Manu perd sa pagaie et file à la nage la récupérer pendant que Manu s'accroche au radeau. Les affaires sont bien assurées mais pas le slip de Manu (en train de sécher) ni celui de Manu d'ailleurs qui s'en va alimenter les légendes du Rio Madre de Dios. Heureusement, il n'y a que peu de fond, le radeau solide au contact est entier et nous parvenons à le retourner en le bloquant contre un tronc d'arbre. Inutile de dire que même les sacs étanches n'ont pas résisté a cette immersion trop longue, toutes les affaires sont trempées et un bivouac d'urgence autour d'un feu s'impose. Nous identifions une plage propice alors que le plus terrible reste a venir. Dans un rapide mal négocié, le radeau est pris à l'extérieur, il est encore trop tard pour éviter une énorme branche prête à nous assommer. Manu se baisse, l'autre Manu est surpris et essaie d'éviter la branche en sautant. Touché au pied, il sera précipité à l'eau et s'accroche comme un diable au radeau pendant que Manu rétablit la direction avant qu'il ne soit à nouveau trop tard. Sonnés par ces évenements, la plage est atteinte tant bien que mal, le briquet renaît de ses cendres, le réchaud capricieux autorise le dîner et les affaires sont mises à sécher sous un énorme brasier. Bonne nuit.

Nous n'avions pas envisagé la possibilité d'une grosse averse en cette saison sèche. Le double toit de la tente avait donc été laissé au vestiaire pour ne garder qu'une moustiquaire. À mesure qu'une pluie tropicale commence à s'initier le doute s'installe. La sortie est inévitable afin de fuir la formation d'un nouvel affluent du Rio Madre de Dios à l'intérieur de la tente. Dans l'humidité et la fraicheur de ce nouveau naufrage, ce sera donc une nuit de souffrance passée à attendre sous un poncho et un tronc d'arbre, dévorés par les insectes.

La distance à parcourir jusqu'au village de Boca Manu est encore longue à mesure que nous croisons les villages de communautés indigènes-Machiguengas et Piros- et les pecke-pecke, ces petites barques au moteur rafistolé utilisées pour la pêche et tous types de transport. Nous ne parvenons cependant toujours pas à rencontrer les mammifères dont nous identifions clairement les traces fascinantes sur la plage : le jaguar ne criera pas pour nous cette nuit, pas encore...

Notre troisième et ultime bivouac, désormais au coeur du Manu

Cette descente palpitante devient à présent interminable. Plus au coeur de la forêt, il fait aussi beaucoup plus chaud et les moscos-moustiques de petite taille- deviennent insupportables. Comme dans un jeu video, les défis deviennent de plus en plus redoutables à la fin. Les palos sont densément disposés dans la rivière nous obligeant à des trajectoires biscornues et nécessitant une attention qui met nos nerfs à rude épreuve.  Le radeau s'écrasera á nouveau sur un tronc d'arbre provoquant alors des dommages matériels heureusement sans gravité. Le confluent avec les eaux sombres du Rio Manu est atteint et ce que nous appellerons le boss de la fin-une succession terrible de palos dans un rapide- est vaincu à grands coups de pagaie, nous ouvrant les portes de notre village-hôte, Boca Manu...  



Publié à 17:11, le 2-jui-2007, dans 08 Amazonia, boca manu
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A venir : voyage au coeur de l'Amazonie

Après plusieurs mois d'altitude, de froid, d'absence de végétation, de vent qui s'engouffre dans notre col et de petit déjeuners pris après avoir fait fondre la glace, nous avions besoin d'un grand bol d'air : nous avions besoin de chaleur et de pluie, nous avions besoin de végétation impénétrable et de chants d'oiseaux, nous avions besoin d'Amazonie. Il n'y a pas de chemins dans la forêt nous avait-on dit, qu'importe, il y a des rivières et nous savons pagayer.
Arrivés de nuit à Atalaya nous ne savons pas où dormir, où manger ni où construire notre radeau ; avec la rencontre d'Ernesto les choses allaient rapidement s'arranger. Dès le lendemain nous pourrons commencer la construction grâce aux conseils d'expert et à l'atelier conséquent de ce vieux loup de mer.
Une hâche dans une main de Manu, une machette dans l'autre nous partons en quête de bois de Topa, droit et léger, pour la construction de notre radeau. Premier contact avec l'activité physique dans ce début de forêt tropicale, souffrance et grosses gouttes de sueur à la clé. Nous mettrons une journée entière pour trouver, dégager à la machette, abattre à la hâche, débiter et transporter au bord de l'eau les 5 beaux spécimens qui nous ferons flotter sur le río alto Madre de Díos. La sensation est bonne en fin de journée, même si des courbatures inhabituelles se profilent nous sommes satisfaits d'avoir fait du sport pour construire quelque chose de nos mains.

Couper du bois, et suer un peu...

Dès le matin, la chaleur est difficilement compatible avec le travail mais nous parvenons tout de même à percer nos troncs en trois points et à enfoncer à grands coups de masse les barres de fer transversales qui assureront la résistance du navire. Encore un coup de main d'Ernesto pour serrer correctement les troncs et replier les barres de fer sur les bords après les avoir rougies au chalumeau. Nous taillons notre proue en pointe pour l'hydrodynamisme, clouons les sièges, coupons une caña brava en guise de perche ; voilà, La Balsa est prête à prendre son mouillage avant que nous ne levons l'ancre pour les eaux tumultueuses du río alto Madre de Díos...

...suer encore et percer des troncs.

Manu, Ernesto, Manu, La Balsa, une petite fille, un affluent du Madre de Dios, un avant goût d'Amazonie.



Publié à 17:01, le 25-jun-2007, dans 08 Amazonia,
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Balade sur le Titicaca

Un peu tard pour commencer sérieusement une journée d'expé le taxi nous dépose sur la plage de Tito Yupanki. Il y a du vent, des marécages à traverser mais nous préparons sereins notre embarcation les pieds dans l'eau. Enfin sur le soir vient le moment de vérité ; le tigre s'élance, patauge un instant parmi les plantes aquatiques puis plante sa griffe dans l'eau pour une semaine. Déjà les difficultés se font clairement sentir : il faudra compter avec ce vent de Nord-Ouest qui se lève en début de chaque après-midi de l'hiver bolivien, il faudra aussi compter avec les 4kg de bois de nos pagaies qui fatigueraient même les épaules les plus entrainées et enfin il faudra compter avec le tigre : il est solide et a la peau épaisse mais son ventre un peu large rend fatigant les incessants changements de direction imposés par les vagues.

Après une dure journée le tigre sort de l'eau pour s'endormir devant la ligne d'horizon de la Cordillère Royale

Ce matin le tigre glisse tranquillement sur les eaux calmes du lac encore endormi. La douceur du moment nous rappelle que le kayak est un moyen privilégié pour découvrir un lieu. Silencieux nous filons le long des côtes pour surprendre au détour d'une touffe de joncs des canards qui s'envolent bruyament à grands coups de pattes dans l'eau. Nous discutons avec des pêcheurs qui rament lentement, la voile inutile à cette heure ; nous observons les villages se réveiller sur la côte et nous suivons quelques temps de jeunes chasseurs au lance-pierre : ils poussent lentement leur barque entre les joncs, se laissent glisser l'arme à la main et en un instant allongent leur élastique et lachent un petit galet sur l'oiseau imprudent. Dans le meilleur des cas c'est une tête éclatée, sinon une aile cassée et le chasseur se précipite pour tordre le cou à son repas du soir. Pour reprendre nos esprits nous profitons d'une sieste sur une plage de galets où nous nous faisons frissonner la peau par les rayons du soleil.

Les femmes rentrent au port, au fond leurs hommes naviguent toujours pour remplir leur filet, plus au fond : le Huayna

Après six jours de traversées entre les îles, de navigation contre le vent et les vagues du Titicaca, de bivouacs sur des plages oubliées, Copacabana est en vue. C'est le moment que nous choisissons pour défier un bateau plein de touristes, le malheureux se défendra mais il ne pourra rien faire pour gagner la course contre cette bête étrange qui file en griffant la surface ; le tigre nous aura finalement donné une envie, celle d'ajouter encore un peu d'eau dans notre Aventurina...



Publié à 16:55, le 24-jun-2007, dans 07 Lago Titicaca, Lac Titicaca
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A venir : le vrai visage du lac Titicaca

Comment préparer une petite expédition en kayak sur le lac ? Passez par le détroit de Tiquina, y rencontrer le gros capitaine Carlos Quintos dans son bureau de la capitainerie du lac. Après 30 minutes d'attente, le "señor capitán de puerto" vous signera trois papiers : un pour avoir le droit de partir du port de départ, un pour avoir le droit d'aborder au port à aborder et un pour avoir le droit de transporter ce que l'on transporte. Ensuite rendez-vous à Copacabana, le seul lieu à 200km à la ronde où vous aurez le privilège d'essayer un kayak "hecho en Bolivia". Sur la plage se trouve un homme au chapeau de cow-boy, une dent en argent et une en or ; Zahoul vous fera un bon prix et s'occupera même d'arranger le transport avec un ami chauffeur de taxi : Jorge. Mélangez, laissez reposer et servez à la pagaie pour un moment de glisse sur le plus haut lac navigable du monde.

Le tigre, prêt au départ



Publié à 16:52, le 24-jun-2007, dans Breves,
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Brève : Huayna, premier 6000

 

L'arrivée à La Paz a été marquée par bien des choses mais notamment par la vision d'une pyramide de neige et de glace, le Huayna Potosi, culminant à plus de 6000m. L'envie était trop forte, l'acclimatation aussi et nous décidons rapidement d'aller voir ce beau bébé de plus près.

Le Huayna Potosi (6088m) vu des hauteurs de La Paz

Pour une fois le vent ne s'est pas levé, pour une fois la neige est bien tassée, pour une fois aussi le réveil ne nous trahit pas et l'inverse non plus, pour une fois, pour sa première fois sur glacier Manu se paie le luxe d'y associer un premier 6000, notre premier 6000.

Allez Manu, te laisse pas distraire par le paysage et termine le boulot, le sommet te tend les bras...

 



Publié à 16:49, le 24-jun-2007, dans 06 Cordillera Real, Nevado Huayna Potosí
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La Cordillère Royale, jusqu'au bout

La Cordillera Real est la plus longue et haute chaîne de montagnes de Bolivie. Avec plus de 10 sommets à plus de 6000 mètres d'altitude, partant de La Paz et dominant ensuite le lac Titicaca, cette Cordillère difficile d'accès présentait un objectif parfait pour poursuivre le raid, l'objectif pointé vers le Nord.

La région est aussi le refuge de populations très retirées, Aymaras qui vivent de l'élevage de lamas et de la culture de quinoa. En permanence au-dessus de 4000 mètres d'altitude et fleurtant très souvent avec les 5000 m, les rares villages de vallée ne nous permettront pas de nous ravitailler. De plus, frappés par ces énormes glaciers et ces sommets impressionnants (Huayna Potosi, Condoriri, Chachakumani, Illampu), nous nous décidons à nous encombrer d'un matériel d'alpinisme conséquent afin de faire face à toutes les conditions possibles. Nous voilà donc partis avec 11 jours d'autonomie  et 25kg de matériel sur le dos. Sûrs de notre force, nous prenons à peine l'argent nécessaire pour la location de mules ou d'animaux de charge quelconque.

Le Huayna Potosi depuis le camp de base

La première étape de l'expédition, l'ascension du  Huayna Potosi (6088m) nous permettra de prendre une confiance indestructible sur l'acclimatation et la forme du moment, alors que nous n'avons toujours pas marché avec les gros sacs laissés au camp de base. Ce test sera effectué dans la douleur le lendemain, étape épuisante au cours de laquelle se profile une mauvaise intoxication alimentaire de Manu qui va handicaper l'équipe dans les jours à venir. Accueillis par un villageois ce soir là, le nez enfoui dans une truite toute fraîchement préparée, la chance a toutefois souri à l'équipe car l'état critique de la fermeture de notre tente canadienne aurait conduit à l'extermination de l'équipe lors de la tempête qui s'ensuivit la nuit. Les derniers pesos seront donc lâchés dans la location de deux ânes pour continuer la route, sous la neige fraîche du matin et au pied du Condoriri.

Il n'y a la plupart du temps pas de sentier identifiable sur ce trek et les cols à plus de 5000m s'enchaînent, pour replonger vers un lac de vallée et remonter encore, dans un environnement de montagne extraordinaire. Le froid mordant nous fait passer des nuits difficiles mais nous traversons la Cordillère par l'important Paso Mullu (4900m) qui signifie -apparemment- la fin des grosses difficultés. Il faudra néanmoins être patient et marcher encore et encore 4 jours pour atteindre le village de Cocoyo et reprendre un peu notre souffle.

Descente impressionante vers une vallée perchée à 4500m

Le plus dur restait à faire pour rallier Sorata le point septentrional du trek car nous envisagions une traversée glaciaire directe par les Nevados Illampu et Ancohuma. Cette traversée s'avère finalement difficile sur le plan technique et nous fait modifier l'objectif vers l'ascension du sauvage Ancohuma (6427m) directement depuis le village de Sorata, ce qui consituera donc l'ultime défi vers ce sommet peu exploré mais sans difficultés techniques apparentes sur ce versant.

Le Nevado Ancohuma (6427m) vu depuis le lac Titicaca. Au pied, bien caché dans les nuages, le village de Sorata. 

En partant de Sorata (2700m), il faut atteindre le camp de base de la Laguna Glacial (5100m) et ce sera fait en une journée, droit dans la pente, bien aidés pas deux locaux chargés d'hémoglobine. Dans ce lac se jettent les énormes glaciers de l'Ancohuma et de l'Illampu voisin ce qui en fait un lieu de bivouac inoubliable.

Le bivouac le plus haut du trek, à la Laguna Glacial (5100m)

Le départ se fait assez tard dans la nuit pour attaquer le glacier au petit matin et se rendre compte que Manu a oublié son piolet, ce qui finalement n'est pas si grave. La montée est longue car le glacier est très crevassé mais le temps tient et les 6000m sont atteints à 10h30 du matin.

Un petit replat a l'aube des 6000m et de la pente finale

C'est là que la trace s'arrête, qu'il reste 450 mètres de dénivelé à gravir avec de la poudreuse jusqu'aux genoux. Epuisés par cette lutte impossible, l'heure déjà bien avancée nous conduira à renoncer sans véritables regrets vu les conditions.

La fatigue, le manque de lucidité et le brouillard nous conduiront même à perdre le sentier, à perdre notre contrôle et recourir à un bivouac en catatrophe lors de la redescente. Le retour à la chaleur reconfortante de Sorata sera donc effectué le lendemain matin, fin d'un trek tout à fait exceptionnel.



Publié à 16:38, le 22-jun-2007, dans 06 Cordillera Real, Cordillera Real
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Bilan de la section Altiplano

 

Distance (km) / dont piste (km)

821 / 419

Nombre d'étapes

9

Dénivelé positif cumulé (m)

3348

Altitude maximale (m)

4600

Latitude de départ / arrivée

à cette date le GPS est officiellement mort,  un chiffre en moins.

Temps passé sur la selle

48h
(une semaine avec heures sup volontaires cette fois)

Nombre de crevaisons

2

Quantité de flocons d'avoine brûlée par l'équipe (kg)

1
là ça commence à vraiment devenir difficile de manger toujours de truc le matin

Nombre de coups de pédale

Dans le sable ? beaucoup trop 

Difficulté(s) majeure(s)

- Cette dune de sable, c'est la piste ?
- Manu, tu vois le lit de rivière à droite... c'est ça la piste !

Consommation de paires de chaussettes*

0

Nombre de contacts avec un chien**

19

Nuits à la belle étoile

3

*Il y a longtemps qu'elles n'existent plus.

**Dont 17 au cours de l'ultime étape ultime, ils nous ont fait vivre une nuit d'enfer, maintenant nous les détestons, alors cachez bien votre caniche à notre retour, pour son bien être psychique.

 



Publié à 16:35, le 5-jun-2007, dans 05 Altiplano,
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