Brève : El camino de la muerte

 

Vous croyiez vraiment que nous allions les laisser partir comme ça ? Après tant de mois de caresses et de sueur partagés, à peine arrivées à La Paz, déjà nos montures trépignaient d'impatience et raclaient le crampon contre l'asphalte en signe d'excitation. Non, nous ne pouvions pas les relacher dans la nature avant d'avoir partagé une dernière émotion.

EL camino de la muerte, la route réputée la plus dangereuse du monde, 70 km d'asphalte et de piste de cailloux humides, une descente vertigineuse de 3150m de dénivelé négatif vers l'Amazonie, le tout dans un doux nuage qui empêche le cycliste insouciant de voir le fond du précipice dans lequel il manque de tomber après chaque virage négocié un peu trop à l'intérieur dans la fièvre de la course avec le Manus.

Manu ? T'es mort ?

Voilà nous sommes toujours vivants, les montures sont dans les cartons mais l'Aventurina continue plus fort que jamais... en kayak, à pied, à cheval, à bientôt.

 



Publié à 16:32, le 4-jun-2007, dans 05 Altiplano, Coroico
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L'ultime étape ultime

 

Il fallait en finir. Excités par cette arrivée dans la capitale bolivienne, synonyme d'aboutissement de cette expédition vélo, nous avions même laissé au vestiaire les dernières règles d'hygiène dans une atmosphère de saturation sur le plan mental. En profitant de la forme du moment le but était donc de rallier l'objectif final par tous les moyens pour réaliser les 240 km qui séparent Oruro de La Paz d'une seule traite.

Pour une fois, les panneaux boliviens n'indiquent pas un faux kilométrage 

Pour réaliser une telle distance, à une moyenne horaire prévisionnelle de 20 km par heure, il faut au minimum 12 heures sur le vélo : avec les pauses, cela fait au minimum 15 heures donc forcément une bonne portion de la nuit qui sera la plus difficile et qui demande le plus d'attention sur cette route principale.  Nous attaquons donc le parcours à la nuit tombante, à 18 heures au départ d'Oruro. En voici les principales péripéties.
20h00 : arrêt pour dîner dans une gargotte et repos des lampes frontales,
21h00 : prolongement du dîner devant La marche de l'empereur diffusé de manière surprenante,
22h00 : nouveau départ, au kilomètre 41,
22h30 : première agression par un chien errant,
23h15 : état de nervosité chronique dû aux rafales incessantes des camions,
0h00   : arrêt dans la gargotte No.2 pour lutter contre le froid,
0h30   : Manu a deux bergers allemands fortement batardisés aux trousses : les molosses mordent et retiennent les sacoches, mais pas Manu.
0h45   : 12 ème agression d'un chien au sortir d'un village comme les autres,
1h15   : pointe à 40km/h pour éviter l'agression d'un chien.
2h00   : recherche infructueuse d'une barre en métal pour se défendre,
3h00   : arrêt dans la gargotte No.3 et discrète fuite devant les ivrognes locaux,
4h20   : bivouac forcé par la fatigue et le froid, au bord de la route. Il reste encore 100 km à parcourir, mais le gros du travail a été fait

6h30   : sonnerie du réveil,
7h30   : réveil de l'équipe,
8h00   : nouveau départ,
8h30   : indifférence de l'équipe devant l'attaque d'un chien, le dernier, le 17ème,
9h30   : arrêt dans la gargotte No. 4 pour un double petit déjeuner,
11h00 : reprise au kilomètre 170,
13h00 : crevaison de Manu,
15h00 : arrivée libératrice sur les hauteurs de La Paz et seconde crevaison de Manu,
16h00 : arrivée en centre-ville et fin d'une belle histoire à vélo...

À 4000m, avant la descente vertigineuse vers La Paz, l'arrivée à El Alto et l'apparition subite de la ville restera inoubliable

 



Publié à 16:27, le 26-mai-2007, dans 05 Altiplano, La Paz
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Les pistes de Bolivie

Vous en avez marre de nos bavardages ? Alors pour une fois voici un article muet, asseyez-vous tranquillement sur notre selle et laissez-vous porter par le charme des pistes de Bolivie.

Allons-y

haut gauche : La laguna verde et le Licancabur
bas gauche : piste à l'allure de lit de rivière
ci-dessus : ruelle pavée de Salinas de Mendoza

champ de Quinoa



Publié à 16:19, le 25-mai-2007, dans 05 Altiplano,
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Brève : 5000

En passant dans le coin, on ne pouvait pas rater l'occasion d'aller voir le salar d'un peu plus haut : le volcan Tunupa (5100m et des poussières) était là pour nous. Nous laissons donc les montures à l'étable et partons pour la journée traverser les près de lamas et les moraines glissant sur les versants du volcan endormi.

Faute de temps et de matériel nous ne pourrons conquérir le sommet réel du cône qui nécessite une petite escalade mais nous nous contenterons du sommet Sud de Tunupa pour notre premier voyage à plus de 5000m d'altitude.

sommet Sud de Tunupa (5100m)



Publié à 16:16, le 23-mai-2007, dans Breves, volcan Tunupa
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Folies sur le salar d'Uyuni

 Départ à la mi-journée pour une entrée mouillée sur le fameux salar, le plus vaste du monde, la salar d'Uyuni. Après un court doute sur notre capacité à traverser le lac salé à vue sans se perdre, nous partons en oubliant les récits de cyclistes désorientés qui ont failli y mourir. Pour la première étape l'hôtel de sel est en vue,  une chaleureuse soirée nous y attend en compagnie de notre ami québécois John Viens qui fait revivre Brassens à la guitare avant de jouer quelques langoureux morceaux de tango.

Comment imaginer un paysage aussi extraordinaire ? C'est très simple, vous êtes sur un bateau, au milieu d'un lac, ou plutôt d'une mer intérieure, seule originalité : le bateau ne tangue pas, il est pris dans la glace, coincé par la banquise qui se forme à cette saison. Pas d'autres choix, il faut mettre pied à terre, enfin le pied à sel. Sous le pas les cristaux de sel croustillent comme leur nom l'indique. En marchant ou en roulant, le son est celui de la sensation des pas dans la neige légèrement croutée en surface par une nuit gelée. Sur le sol se dessinent des pancakes hexagonaux en hommage à notre ami quebequois. En élevant le regard vous parcourez cette étendue immaculée, vous tournez sur vous mêmes et à 360º, toujours cet éclat des cristaux de sel vous éblouit. Au dessus de cet infini blanc, un autre infini bleu, le paysage se résume lorsque l'on regarde bien droit à un demi-plan bleu posé sur un demi-plan blanc, on appelle ça de l'art moderne. Seules de maladroites taches de nuages viennent perturber quelque peu le tableau, et entre les demi-plans quelques cônes de volcans et de montagnes lointaines apparaissent dans un mirage.

 

C'est ici que l'on se rend compte que la Terre est ronde, il n'est pas possible de viser une île de 50m de hauteur distante, d'où l'on se trouve, de plus de 30km ; notre regard porté par la tangente locale à la surface terrestre ne rencontre pas ladite île cachée par la courbature de la Terre.

Une fois que l'on s'est orienté, toutes les folies sont permises ; il est permis, par exemple, de rouler en suivant de larges courbes, l'on peut aussi filer en slalomant entre les petits agrégats de sel et l'on peut enfin gouter à la sensation de liberté, sans les pépins, et courrir nu sur le salar à l'intersection de deux demi-infinis.

Dans un tel paysage, on se sent réellement tout petit.



Publié à 16:06, le 20-mai-2007, dans 05 Altiplano, Uyuni
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Bilan de la section Atacama

 

Distance (km) / dont piste (km)

643 / 302

Nombre d'étapes

6

Dénivelé positif cumulé (m)

6279

Altitude maximale (m)

4550 paso Hito Cajón

Latitude de départ / arrivée

26°52 / 22°55

Temps passé sur la selle

35h
(une semaine standard en fait)

Nombre de crevaisons

0

Quantité de flocons d'avoine brûlée par l'équipe (kg)

2
petit appétit

Nombre de coups de pédale

500.021 à quelque chose près 

Difficulté(s) majeure(s)

Encore et toujours les camions chiliens qui n'aiment pas mordre la ligne blanche,
le reste est de la rigolade comme le reconnait Le Prince

Consommation de paires de chaussettes*

0

Nombre de contacts avec un chien**

2

Brasiers allumés

0

*Dans le désert, comme le dirait le prince, on ne consomme pas de paires de chaussettes, on se met pieds nus dans ses chaussures.

**Se faire pisser sur les sacoches par un tout p'tit chien, se réveiller de sa sieste avec un nouvel ami...



Publié à 13:58, le 8-mai-2007, dans 04 Atacama,
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Brève : Terrible ascension vers l'altiplano

Départ en milieu d'après-midi après notre intervention au Collège de San Pedro. Devant nous se dresse un mur de 2000m de dénivelé en haut duquel se trouve le convoité altiplano à 4500m d'altitude. Les premiers kilomètres de l'ascension seront terribles, les suivants seront pires. Sur ce mur se dessine une route, droite, en plein dans la pente, pas une courbe pour adoucir l'effort ; les ouvriers étaient sans doute en restriction budgétaire sur le goudron, nous en paierons les conséquences par des contractions musculaires d'une danseuse titanesque qui nous fera échouer sur le bord de la route après 25km d'ascension et 1400m grimpés.

C'est ici, sur une voie d'arrêt d'urgence que nous poserons la tente et que nous survivrons dans un bivouac de fortune avec les quelques litres d'eau que des passants nous jettèrent avec compassion dans la montée.

Le lendemain matin, pas le temps de s'échauffer, nous attaquons d'emblée les dernières pentes à 8 pourcent de moyenne. Quelques grammes de douleurs musculaires plus loin, nous apercevons la surface, enfin nous perçons la membrane vacillante et d'une grande respiration d'homme presque noyé nous effaçons toute la souffrance des heures passées. Au loin nous devinons une petite baraque, au dessus d'elle un drapeau flotte, là à la surface, "bienvenue en Bolivie" nous lance-t-il.



Publié à 12:54, le 7-mai-2007, dans Breves,
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Collège atacameño de San Pedro

Nous aurons deux heures pour intervenir le vendredi 20 après-midi dans la classe des octavos (équivalent au niveau 6ème) pour parler, selon le désir de la professeure, d'environnement et d'influence de l'Homme sur la nature dans le cadre du cours de "patrimoine culturel et environnemental". Nous décidons de donner aux élèves un récit de notre traversée cycliste en parlant des problèmes environnementaux majeurs qui affectent les régions que nous avons traversées jusqu'ici. En Patagonie nous avons été sensibilisés au problème de la réduction de la couche d'ozone qui affecte la région polaire tous les ans au printemps austral ; en route pour la région des lacs nous avons réfléchi au problème de recul des glaciers dû au réchauffement du climat en prenant comme exemple le glacier exploradores que nous avons visité au sud de Coihaique. En parlant de la route de la Sierra argentine et du désert d'Atacama nous aborderons l'importance de la gestion des ressources en eau : pollution et gaspillage sont des sources de problèmes environnementaux auxquels ces enfants, qui vivent dans le désert le plus aride du monde, ont été largement sensibilisés. En fin de séance nous montrons simplement des photos de lieux que nous avons visités et nous sommes surpris par la culture générale de ces enfants de 12 ans qui connaissent le nom des lacs de Patagonie aussi bien que celui de sommets des Andes que nous avons pris en photo. Enfin nous donnons consigne aux élèves de rédiger une carte chacun à destination d'un élève que nous rencontrerons plus tard dans une classe de Bolivie et rendez-vous est pris pour un cours de sport le lundi.

Lundi matin, retour en classe. Au programme : présentation de nos vélos et de tous les éléments de notre équipement sportif ; un petit cours de nutrition du sport appuyé par la présence de nos vivres de course pour l'expé bolivienne à venir et enfin sortie vers les terrains pour quelques matchs de volley, hand, foot suivis d'une séance d'étirements commentés et illustrés.

Nous récupérons les cartes à destination de la Bolivie et distribuons celles des enfants de Quito. Beaucoup de bruit, d'agitation et de curiosité, les plus enthousiastes écriront sans doute bientôt à leur nouveau correspondant.



Publié à 12:49, le 25-avr-2007, dans Ecoles, San Pedro de Atacama
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Dernier hommage à l'Argentine : l'art de vivre au volant

 Nous dédicaçons ce modeste article à tous les Argentins qui nous ont accueillis, nous ont donné des informations (parfois correctes) lorsque nous étions perdus et surtout nous souhaitons remercier tous les Argentins qui nous ont klaxonnés en nous doublant pour nous remonter le moral.

Qu'ils aient été au volant d'une ancienne voiture de sport, pilote d'une de ces puissantes voitures du désert ou bien en famille assis derrière le pare-brise d'un impressionnant pick-up, tous ont poussé des cris en doublant les deux cyclistes portant le drapeau argentin. Nous rapportons ici les interviews que nous avons réalisées sur un échantillon représentatif de la population afin de partager une certaine vision de la route.

Roberto
25 ans
provincia : San Juan
pueblo : Iglesia

modèle : Fiat 1500, année : 1968, prix de vente : 10,000 pesos (2500 euros)

  "Ici les gens aiment beaucoup leur voiture, et surtout ils aiment les belles voitures alors qu'en France nous pensons que les gens aiment surtout les voitures neuves.
Cette voiture je l'ai depuis 10 ans et j'en prends soin."
 
"J'ai fait un voyage de 1800 km jusqu'à Entre ríos seulement pour acheter cette voiture que j'ai dégotée dans les petites annonces."

 

Arce Franco
24 ans
provincia : Catamarca
pueblo : Tinogasta

modèle : Chevrolet Chevy, année : 1974, prix de vente : 25,000 pesos

  "Un jour, un homme est venu de San Cristobal dans la province de Santa Fe à plus de 1000 km d'ici, sa voiture m'a plu et je l'ai achetée aussitôt."  
    "Le moteur est d'origine, c'est une cylindrée de 250 cc qui a seulement 74,000 km. Par contre j'ai changé beaucoup de choses pour en faire une voiture sportive : les roues extrêmenent larges, le volant sportif... Maintenant je peux rouler à 180 km/h avec ma voiture sur les routes du désert. "

 

Marcelo Bordón
30 ans
provincia : Catamarca
pueblo : Fiambalá

 

modèle : Chevrolet Chevy, année : 1974, prix de vente : 25,000 pesos

  "Cette voiture je l'utilise surtout pour le travail : transporter des pierres, des matériaux de construction pour la maison, mais nous l'utilisons aussi pour faire des voyages avec toute la famille. Ici des voitures résistantes comme celle là sont nécessaires, une voiture classique ne durerait pas longtemps à rouler sur les pistes de montagne."  
    "Ce qu'il y a d'original sur cette voiture c'est son moteur diesel extrêmement puissant qui ne possède pas de liquide de refroidissement mais un système de circulation d'air, ce moteur représente les 2/3 du prix de la voiture et est garanti pour fonctionner 500,000 km!"

 



Publié à 12:58, le 21-avr-2007, dans Breves,
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Desert session

 

"Combien de jours par an avez-vous de la pluie? [Manu]
-Oh, je ne sais pas trop, il faut dire que cela ne fait pas très longtemps que je vis ici mais je n'ai pas encore vu pleuvoir. Tous les gens m'ont dit un jour par an, pas plus, parfois moins. Il y a de temps à autre des nuages qui passent mais à cette saison l'hiver bolivien commence et il ne pleuvra pas ces prochains mois, c'est sûr." [La caissière d'une station essence]

Le désert d'Atacama est connu pour être le plus aride du monde et s'étend de la côte pacifique à la Cordillère des Andes sur 1000 km de long et 400 km de large. Il est intensément exploité pour ses minerais et possède notamment la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde située à Chuquicamata près de Calama. La ressource en eau est un problème fondamental car les cours d'eau sont soit à sec, soit chargés d'éléments toxiques acquis au contact des roches (comme par exemple l'Arsenic) soit tout simplement salés. Ainsi, lors de toute la traversée nous n'aurons vu ni un cours d'eau, ni une touffe d'herbe, ni un coin d'ombre.

La chaleur ne sera pas aussi terrible que prévue (30 degrés) mais les douleurs musculaires atroces liées à la déshydratation ont été inévitables.

Le défi consistait à traverser ce désert dans le sens de la largeur en partant de la côte pacifique à Antofagasta pour arriver à San Pedro de Atacama (2400m) au pied de l'altiplano bolivien. Il a fallu grimper beaucoup comme l'illustrent ces 3700m de dénivelé positif avalés sur les 310 kilomètres du raid. 3 jours de souffrance au soleil, 3 jours passés à interpréter la direction du vent et à maîtriser nos nerfs face à un paysage trop uniforme pour vouloir y traîner les pieds. Il a fallu une certaine détermination à en finir pour reprendre le vélo en fin d'après-midi, assoupis et écrasés par la chaleur nous obligeant à une coupure en milieu de journée. Ce qui n'a pas posé de problème en revanche, c'est la prise de décision quant à l'emplacement du bivouac : rien de compliqué, il suffit de s'arrêter au soleil couchant et de marcher 100 mètres d'un côté de la route selon l'humeur de l'équipe. Ce seront deux nuits magnifiques passées à la belle étoile, au milieu de rien.

La recherche d'un abri pour bivouaquer

Les derniers kilomètres nous feront tout oublier en révélant des paysages inimaginables lors d'une descente fantastique vers le village de San Pedro de Atacama.

La Valle de La Luna

Les premières touffes d'herbe apparaissent : une oasis...Cela tombe bien car il n'y a plus une goutte d'eau dans la gourde de Manu!

 



Publié à 12:38, le 21-avr-2007, dans 04 Atacama, San Pedro de Atacama
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